Éric Dupond-Moretti évoque l’injustice familiale et ses motivations à devenir avocat
Dans une interview diffusée ce dimanche 9 novembre sur France 2, Éric Dupond-Moretti a partagé des éléments marquants de son parcours personnel et professionnel. Fils d’ouvriers, il se remémore le drame familial qui a marqué son enfance : l’assassinat de son grand-père italien, dont la mort est restée sans justice. Également influencé par l’affaire Christian Ranucci dans les années 1970, cet événement tragique aura été un puissant moteur pour sa carrière d’avocat.

Une vocation née d’une injustice
Éric Dupond-Moretti a décrit comment l’assassinat de son grand-père a façonné sa vocation. Ce dernier avait été retrouvé sans vie le long d’une voie ferrée peu après que la famille de sa mère soit arrivée en France. Il a déclaré : « Mon grand-père est assassiné, on découvre son corps le long de voies ferrées. Tout le monde s’en est foutu ».
Cette indifférence face à un crime qu’il savait impuni lui pèse particulièrement. L’avocat poursuit : « Moi, j’ai su très vite que mon grand-père avait été assassiné, mais que personne n’avait rien fait ». Cela représente pour lui une « double injustice » ; non seulement pour la victime elle-même mais aussi pour sa famille laissée dans l’incertitude. Il admet que cet épisode fait partie des raisons qui l’ont amené à choisir le métier d’avocat : « Ça fait partie des choses qui m’ont conduit au métier d’avocat ».
L’affaire Christian Ranucci, un autre déclic
En complément de cette expérience personnelle douloureuse, Éric Dupond-Moretti se rappelle également de l’affaire Christian Ranucci en 1976. À ce moment-là, Ranucci fut condamné à mort puis exécuté pour le meurtre de Marie-Dolorès Rambla, une fillette âgée de huit ans.
« Je ne sais pas s’il est innocent ou coupable, et on ne le sait toujours pas aujourd’hui », débute-t-il en avouant avoir été profondément affecté par cette affaire qui suscite encore débats et interrogations. Il souligne que c’est l’exécution même qui lui semble choquante : « Ce qui me choque c’est l’exécution ». Cette tragédie a joué un rôle clé dans son dessein professionnel puisque cela lui a donné envie de défendre ceux accusés avec incertitude : « Cette affaire me décide de devenir définitivement avocat. Je m’imagine l’avocat de Ranucci ».
Ces deux événements marquants illustrent les fondements éthiques et moraux du parcours exceptionnel d’Éric Dupond-Moretti au sein du barreau français. Entre injustices personnelles vécues et grandes affaires criminelles marquantes, il développe ainsi une vision unique du droit pénal et du rôle qu’un avocat peut jouer dans la quête vérité et justice.