Le retour du service militaire en débat, évoqué par deux artistes des années 1970

Emmanuel Macron s’apprête à annoncer le retour d’un service militaire volontaire lors de son intervention prévue ce jeudi. À cette occasion, l’écho de deux tubes emblématiques relatant le service militaire, ceux de Michel Sardou et de Serge Lama, résonne particulièrement.
Michel Sardou : Une vision ironique
En 1971, Michel Sardou rencontre un grand succès avec sa chanson « Le rire du sergent », qui aborde le thème du service militaire avec humour. Dans ce morceau entraînant écrit sur une musique de Jacques Revaux, il décrit les mésaventures d’un chanteur tentant d’échapper aux rigueurs militaires : « Le rire du sergent, la folle du régiment, la préférée du capitaine des dragons. »
Bien que sur le moment sa chanson ne soulève pas de controverse immédiate, elle est par la suite critiquée pour son ton jugé offensant envers l’armée. Dans son autobiographie « Et qu’on n’en parle plus », Sardou répond aux accusations d’homophobie en arguant : « L’armée c’est le miroir des hommes ». Il relate un incident poignant où il reprend un sous-officier qui l’insulte.
Serge Lama : Les adieux douloureux
De son côté, Serge Lama, dans sa chanson sortie en 1978, rappelle les déchirements causés par le service militaire. Il évoque ses adieux à sa fiancée avant son départ pour l’Algérie : « On s’était dit des mots brûlants comme nos cœurs », mais aussi la nostalgie et les tentations vécues durant cette période difficile.
Lama raconte comment ces mois d’éloignement affectent les relations amoureuses et illustre cela en accompagnant ses paroles d’une mélodie touchante signée Alice Dona.
Un choix cornélien pour Emmanuel Macron
Alors que ces deux visions s’opposent – celle vitaliste et provocatrice de Sardou contre la mélancolie touchante de Lama – elles soulèvent toutes deux une réflexion sur le passé communuel lié au service militaire. Pour finaliser cette chronique musicale avant son intervention devant la 27e brigade d’infanterie de montagne à Varces, Emmanuel Macron pourrait bien choisir parmi ces imageries contrastées afin d’alimenter une discussion moderne sur cet aspect fondamentalement français.
Les opinions affluent autour des notions traditionnelles face aux réalités actuelles qui pourraient influencer notre conception collective du service militaire aujourd’hui et demain.