Chapô

Le 29 novembre, le district mexicain d’Alvaro Obregón lancera en orbite son premier microsatellite, le MXÁO-1, à bord de la mission Transporter-15 de SpaceX. Ce projet, fruit d’une collaboration entre des institutions locales et la société Macrolab, marquera une avancée importante pour l’observation terrestre au Mexique.
Lancement du premier microsatellite mexicain
Le 29 novembre, l’arrondissement d’Alvaro Obregón prévoit d’envoyer en orbite son premier microsatellite, le MXÁO-1, lors de la mission Transporter-15 de SpaceX. Ce lancement en covoiturage aura lieu depuis la base spatiale de Vandenberg, en Californie, dans une fenêtre horaire qui s’étend entre 13 h 18 HNE et 14 h 15.
Développé grâce à la coopération entre le gouvernement local, un pôle universitaire basé dans l’ouest de Mexico et Macrolab, cette initiative a été lancée fin 2024 sous l’impulsion du chef d’arrondissement récemment élu, Javier López Casarín. Selon Pedro Díaz de León, directeur du pôle universitaire local : « Nous avons un épicentre d’intelligence et d’innovation. Nous avions besoin d’un projet unique qui puisse rassembler tout le monde ».
Défis techniques surmontés
La création du satellite n’a pas été sans défis. La caméra multispectrale nécessaire pour les imageries haute résolution devait être conçue sur mesure avec des pièces provenant de plusieurs pays tels que l’Afrique du Sud, la Suisse et la Finlande. D’autres composants ont été acquis en Corée du Sud ainsi qu’en Europe et Amérique du Nord. L’assemblage final a eu lieu à Santa Fe, quartier situé à Mexico.
« Le satellite comprend des pièces fabriquées dans plusieurs régions du monde. Les intégrer dans un système fonctionnel a été l’un des plus grands défis », a déclaré Díaz de León.
Une fois opérationnel à environ 500 kilomètres (311 milles) au-dessus terres mexicaines, MXÁO-1 produira des images multibandes destinées aux gouvernements locaux ainsi qu’aux services publics pour aider à identifier les risques liés aux glissements de terrain ou encore surveiller les déversements illégaux.
« Les satellites d’observation révèlent des phénomènes invisibles depuis le sol », évoque Díaz de León.
Utilisation prévue des données
Les premières images sont attendues quelques jours après le lancement. Lorenzo Martínez, directeur chez Macrolab précise que « Le satellite fera le tour de la Terre environ 15 fois par jour », permettant ainsi une surveillance continue chaque trois jours sur les mêmes zones géographiques.
Les données recueillies seront accessibles gratuitement aux étudiants et centres de recherche afin qu’ils puissent les exploiter pour résoudre divers problèmes locaux : « C’est un modèle qui produit de nouvelles connaissances et crée un réel impact économique », affirme-t-il.
Avec un budget total oscillant entre 4 et 5 millions USD, dont près de 1,1 million USD investi spécifiquement par Macrolab pour l’ingénierie et assemblae, sans contribution financière directe du district, ce projet représente une avance significative sur les capacités d’observation terrestre au Mexique.
Le coût estimé pour envoyer un petit satellite via une mission SpaceX se situe généralement entre 300 000 et 500 000 dollars, selon sa taille.
Évaluant également le rôle régulateur joué par le gouvernement fédéral mexicain concernant ce projet spatial inédit tout comme l’intérêt manifesté par l’Agence spatiale mexicaine dans ce processus technique :
« Ils ne travaillent généralement pas avec des satellites d’observation de la Terre, mais ils ont soutenu le processus réglementaire », conclut Díaz de León.
La mission Transporter-15 embarquera aussi des satellites venant de seize pays différents et sera diffusée en direct par SpaceX ainsi que sur diverses chaînes officielles associées au programme.