Microsoft AI a annoncé jeudi son dernier modèle, MAI-Base-2. Son directeur général, Mustafa Suleyman, affirme qu’il est meilleur qu’un modèle comparable d’OpenAI, l’un des plus gros clients et partenaires du géant logiciel, et qu’il a été entraîné de façon plus efficace.

Lors d’une réunion interne de type « town hall » avec les salariés, jeudi, Mustafa Suleyman a déclaré : « Nous disposons désormais d’un modèle de base pré-entraîné plus performant que celui qui alimente actuellement GPT 5.6 Sol. » Il a ajouté : « En fait, nous avons utilisé un quart de la puissance de calcul qu’OpenAI a utilisée pour entraîner son modèle. »
Le pré-entraînement est la première étape de la création d’un modèle d’intelligence artificielle, au cours de laquelle celui-ci apprend à repérer des régularités dans de très grandes quantités de textes, d’images et d’autres informations. Cette phase exige une puissance de calcul considérable, et donc très coûteuse. Microsoft pourrait donc réaliser des économies si elle a trouvé un moyen de procéder plus efficacement.
Des tests comparatifs confidentiels
Mustafa Suleyman a indiqué que Microsoft avait testé en privé son modèle face à plusieurs modèles d’OpenAI, dont l’un surnommé « Spud », qui alimente GPT-5.6. Selon lui, le modèle de Microsoft obtient de meilleurs résultats sur des tests mesurant la capacité d’une IA à comprendre et à prédire des régularités dans des informations.
Ces comparaisons reposent sur des informations techniques que Microsoft possède sur les modèles d’OpenAI, a précisé le dirigeant. « En privé et de façon confidentielle, nous l’avons aussi comparé aux modèles d’OpenAI », a-t-il dit aux employés, laissant entendre que Microsoft dispose d’un accès particulier aux performances de ces modèles.
Le fait qu’il ait choisi de souligner les limites des modèles d’OpenAI, même lors de discussions privées, est remarquable. Microsoft a investi des milliards de dollars dans la start-up et en détient une participation qui pourrait valoir plus de 100 milliards de dollars. Toute critique à l’égard d’OpenAI pourrait donc affecter la valeur de cet investissement considérable.
Une relation qui se distend
Les deux entreprises sont liées par un partenariat important : Microsoft propose les modèles d’OpenAI à ses clients du cloud Azure et les utilise dans ses propres produits, comme Copilot. Pourtant, leur relation s’est détériorée depuis environ un an. Microsoft cherche de plus en plus à se détacher d’OpenAI, notamment en développant ses propres modèles.
Mustafa Suleyman a également affirmé que le nouveau modèle de Microsoft utilisait « 12 fois moins de calcul que celui utilisé pour DeepSeek, par exemple, en matière d’efficacité de calcul ». Il n’a pas précisé quel modèle de DeepSeek était visé. Un article de blog publié par Microsoft décrit toutefois un pré-entraînement de MAI-Base-2 nettement plus efficace que celui de DeepSeek-V4-Pro-Base, un modèle du laboratoire chinois.
En mars, Microsoft a par ailleurs créé une nouvelle équipe regroupant ses produits Copilot destinés aux entreprises et au grand public, et a réaffecté Mustafa Suleyman à la construction de modèles d’IA au sein de son unité dédiée à la superintelligence.
Microsoft a refusé de commenter ces informations, et OpenAI n’a pas répondu aux sollicitations jeudi.