La série Yellowjackets a captivé les spectateurs depuis sa première en 2021, notamment grâce à sa bande sonore riche et évocatrice. Les créateurs Ashley Lyle et Bart Nickerson, férus de musique des années 90, s’efforcent d’intégrer des titres emblématiques qui résonnent avec l’histoire complexe de l’équipe de soccer féminine perdue dans la nature.
Un hommage musical aux années 90
« Mais si quelqu’un dit, ‘Cette chanson est mauvaise’, je dis ‘Non, tu as tort! ‘ » confie Ashley Lyle. La série suit une équipe de soccer du lycée qui se retrouve coincée dans la forêt après un crash aérien en 1996. Perdus et confrontés à des blessures physiques et émotionnelles, les personnages se référencent souvent à la musique alternative qui a marqué leur adolescence.

Le processus rigoureux de sélection musicale
La superviseure musicale Nora Felder a travaillé sur plusieurs séries à succès avant de rejoindre Yellowjackets. Elle explique que sélectionner la musique est un processus méticuleux : « Parfois on auditionne jusqu’à 20 chansons pour une scène ». Chaque membre peut rejeter une piste avec un signal appelé « gong ».
« Avec le succès croissant du show, notre budget a également augmenté », indique Lyle, permettant d’acquérir deux morceaux longtemps souhaités : Morning Has Broken de Cat Stevens et Livin’ on the Edge d’Aerosmith.
Elle rappelle aussi qu’ils ont interagi directement avec certains artistes pour obtenir leurs autorisations. Lorsqu’Enya avait refusé la chanson Only Time, Nickerson avait pris les devants par écrit pour changer son avis.
Moments marquants ponctués par des titres emblématiques
Chaque saison renferme des scènes mémorables accompagnées d’une musique très précise :
- Miss World (Hole) introduit Natalie lors d’une fête
- Dans une scène clé où Misty détruit la boîte noire du jet écrasé au son de Hold On (Wilson Phillips)
- En saison deux, lorsque le cannibalisme devient central, la mélodie sombre de Climbing Up the Walls (Radiohead) intensifie le choc du moment
Felder souligne que chaque chanson vise non seulement à enrichir l’ambiance mais aussi à servir l’évolution émotionnelle des personnages.
Une approche intemporelle
Au fil des saisons, Yellowjackets incorpore encore plus de classic rock populaires tels que Glycerine de Bush ou Wonderwall d’Oasis tout en continuant à explorer des musiques moins connues comme celles venant de Madagascar.
Dans un monde où beaucoup perdent leur chemin dû aux aléas folkloriques modernes, la sincérité artistique reste manifestement présente tant dans les dialogues qu’à travers ses choix musicaux audacieux.
À travers ces intégrations musicales astucieuses, allant même jusqu’à faire appel aux iconiques Radiohead lors des moments forts émotionnellement difficiles, cette série attire toujours plus les regards tout en abordant habilement des thèmes sombres sous-jacents avec un humour noir omniprésent.