La musique africaine est en deuil après la mort d’Amadou Bagayoko, guitariste emblématique et co-fondateur du duo Amadou & Mariam. Décédé à 70 ans des suites de complications liées au paludisme, il laisse un héritage musical important qui a touché plusieurs générations en Afrique de l’Ouest et au-delà.
Une icône de la musique malienne disparaît
La semaine dernière, Amadou Bagayoko, légende de la musique africaine, est décédé à l’âge de 70 ans des suites d’un paludisme. Ce guitariste exceptionnel avait collaboré avec des artistes américains renommés et s’était produit lors du concert Nobel pour Barack Obama. Avec sa femme, Mariam Doumbia, ils formaient le duo célèbre Amadou & Mariam qui a connu le succès international dans les années 2000 et 2010 avec leur morceau « Beautiful Sundays ».

Des projets déjà planifiés
Au moment de son décès, M. Bagayoko et sa femme étaient attendus pour une série de concerts en Europe le mois prochain. Bien qu’ils aient pu perdre en notoriété aux États-Unis depuis leurs plus grands succès, ils demeuraient extrêmement populaires en Europe et en Afrique de l’Ouest.
Des amis proches ont partagé leurs réflexions sur M. Bagayoko et lui ont rendu hommage par leurs morceaux préférés issus du répertoire d’Amadou & Mariam.
Témoignages émouvants autour d’une chanson
« Toubala Kono »
Lors d’un concert en Côte d’Ivoire, le claviériste Cheick Tidiane Seck, ami depuis l’enfance d’Amadou Bagayoko, a ouvert la soirée avec « Toubala Kono », une chanson conçue ensemble. Ému par la perte de son ami, il a déclaré : « Je me serais effondré » lorsqu’il n’a pas pu compléter sa performance.
« Mogoya »
Leur fils unique dans le milieu musical, Sam Bagayoko, était à Paris pour préparer les concerts prévus cet été lorsque son père est décédé. Il partage que ses parents prenaient fierté dans leur capacité à toucher les jeunes générations. Sa chanson favorite est « Mogoya », écrite pour représenter leurs collaborations familiales : « C’était notre dernière collaboration ensemble », a-t-il exprimé avec tristesse.
« Je pense à vous »
Un autre grand musicien malien reconnu, Idrissa Soumaoro, se remémore sa rencontre avec M. Bagayoko au sein du groupe Les Ambassadeurs du Motel ; il observe que « Amadou était brillant et ambitieux ». Revenant sur leur temps passé ensemble dans une école nationale pour les aveugles où ils écoutaient beaucoup de blues pendant les heures passées à répéter, il souligne aussi comment cet amour entre Amadou et Mariam a contribué à soutenir leur carrière musicale exceptionnelle : « Il ne l’a pas abandonnée, mais la triste réalité est qu’il l’a quittée. »
Un héritage durable
La diversité des émotions évoquées par ces artistes témoigne non seulement de leur affection pour M. Bagayoko mais aussi du formidable impact qu’il a eu sur la scène musicale internationale ainsi que sur chaque individu qui a croisé son chemin artistique. Cette tragédie soulève également des questions similaires sur la santé publique face aux infections telles que le paludisme qui continuent d’affecter tant de vies sur ce continent encore aujourd’hui.
Les hommages affluent alors que ses fans s’unissent dans un mélange commun de chagrin respectueux envers un artiste dont l’héritage musical perdurera bien au-delà des frontières géographiques ou temporelles.