L'énigme des planches disparues

Affaire des planches originales de « Blake et Mortimer » : un vol massif révélé

L’affaire des 248 planches originales de « Blake et Mortimer », disparues d’un coffre-fort à Bruxelles, refait surface après la publication d’une enquête. Le propriétaire des éditions, Dargaud, a découvert qu’elles avaient été remplacées par des fac-similés. Ce vol, orchestré par Philippe Biermé, ancien assistant de l’auteur Edgar Pierre Jacobs, soulève de nombreuses questions sur la protection des œuvres.

L’énigme des planches disparues

Un vol institutionnalisé

En 2017, le quotidien belge « Le Soir » révélait que sur les 700 planches originales déposées dans un coffre-fort d’une banque bruxelloise, 248 avaient disparu. Claude de Saint-Vincent, directeur des éditions Blake et Mortimer, confie : « Dès 2015, nous avons entendu parler de planches originales de Jacobs circulant sur le marché. Nous avons immédiatement tout mis en œuvre pour découvrir ce qu’il se tramait. »

Philippe Biermé a joué un rôle central dans cette affaire en tant qu’ancien assistant de Jacobs devenu traître en dissociant les actions sous l’égide de la Fondation créée pour protéger son œuvre. Saint-Vincent rappelle : « Biermé nous avait toujours tenus à l’écart. sa stratégie a été de dissoudre la fondation pour effacer toute trace de ses actions.»

Des transactions juteuses

Les planches ont été vendues au prix moyen de 10 000 euros, mais lorsque leur vraie valeur fut reconnue comme étant près de dix fois supérieure, Biermé augmenta ses bénéfices. Entre 2015 et 2016, il aurait vendu 125 planches pour un total de 3,8 millions d’euros à Daniel Maghen. Ce dernier estime avoir tiré plus de 9 millions d’euros du commerce sans soupçonner une origine illégale.

Biermé se défend en déclarant : « J’ai vendu les planches qui étaient en ma possession parce que je ne pouvais plus supporter l’ambiance au sein du conseil d’administration. c’est pour cela que j’ai souhaité dissoudre . »

Malgré ces arguments contestables selon certaines sources anonymes qui affirment que ce sont bien là-des actes répréhensibles liées au recel.

Une justice encore absente

Huit ans après le début des procédures judiciaires à Bruxelles*, aucune date n’a encore été fixée pour le procès lié à ce préjudice estimé à 40 millions d’euros, équivalent aux bijoux volés lors du casse du Louvre. Claude De Saint-Vincent précise : « Toutes les planches ne seront pas retrouvées. Il faut que tous ceux qui en possèdent comprennent qu’elles ont été volées ». Certains collectionneurs comme celui basé en Suisse ont déjà restitué leurs acquisitions douteuses tandis que d’autres continuent à fuir la justice.

Impact sur le marché artistique

Edgar Pierre Jacobs est décédé sans héritier ni protection adéquate contre une exploitation mercantile abusive. La spéculation autour des œuvres semble souffrir cette affaire ; récemment chez Septimus avec une vente aux enchères dont même les pièces mises à prix relativement bas n’ont su séduire le public.

Un galeriste anonyme déclare sobrement: « On sent un refroidissement… ne sont pas si nombreux à pouvoir débourser telles sommes ». Cette situation interroge notre rapport collectifs aux œuvres artistiques et leur accessibilité vis-à-vis du grand public.

La nouvelle aventure éditoriale* intitulée “La menace atlante”, diffusée sereinement par Dargaud avec son lancement prévu le 21 novembre, continuera sûrement d’éveiller curiosité tout autant que vigilance auprès des amateurs éclairés.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.