À New York, la scène lyrique décline tandis qu'un renouveau apparaît en région

Dans un décor inspirant, la mise en scène du nouvel opéra « Cesare » par le directeur artistique Schlather a captivé les spectateurs d’Hudson Hall. Présentée pour la première fois le 2 mai, cette production illustre une approche novatrice de l’œuvre de Handel, marquée par une performance émotive et audacieuse des jeunes chanteurs.

Une mise en scène audacieuse et évocatrice

La production « Cesare » s’inscrit dans une série d’opéras de Handel récemment interprétés par Schlather, dont l’impact se fait ressentir depuis son précédent succès avec « Rodelinda ». Avec cette nouvelle œuvre, Schlather démontre un style plus clair et mature dans sa réalisation. L’opéra est présenté, durablement mais intelligemment abrégé, avec un temps total d’un peu moins de trois heures incluant un entracte.

À New York, la scène lyrique décline tandis qu’un renouveau apparaît en région

L’intrigue tourne autour des thèmes intemporels de la vengeance et du désir placés au sein de l’épopée historique du général romain Julius César qui cherche à conquérir l’Égypte. La scénographie utilise deux murs inclinés peints en noir irisé, créant une ambiance élargie sous un éclairage dramatique fourni par Masha Tsimring, donnant ainsi aux murs l’apparence scintillante d’un ciel étoilé.

Un hommage à la virtuosité baroque

Un aspect innovant de cette production réside dans le défilé incessant qui traverse le public. Utilisé pour des entrées et sorties clés, il souligne non seulement le cadre théâtral distinctif mais aussi la virtuosité inhérente au répertoire handelsien. Un danseur silencieux nommé Davon contribue à cet effet en interagissant visuellement avec le public comme une sorte d’esprit féérique.

Schlather a réussi à tirer des performances intenses réunies autour d’une distribution principalement jeune – point marquant puisque c’est lors de ce premier rôle que la soprano Raha Mirzadegan, incarnant Sesto, livre sa première interprétation publique avec son aria poignant « Cara Speme ».

Des interprétations mémorables

La soprano Hee Lee, vêtue d’une tenue spectaculaire évoquant Tina Turner conçue par Terese Wadden, brille dans son rôle emblématique en passant parfaitement entre les nuances émotionnelles allant de la séduction légère au désespoir intense puis culminant vers un triomphe extatique. Le contre-ténor Randall Scotting incarne avec succès Cesare, jouant sur sa voix agile pour dépeindre tour à tour autorité et vulnérabilité. Pendant ce temps, son compatriote contre-ténor Chuanyuan Liu offre une image saisissante du tyran Tolomeo, alliant charme sadique et exubérance.

La combinaison enrichissante entre techniques vocales exceptionnelles et trame dramatique complexe témoigne encore une fois qu’avec chaque production opératique répétitive ou traditionnelle revisitée sous leur angle particulier, Schlather renforce encore plus notre appréciation envers ces œuvres classiques retrouvées.

Cette représentation, rouvertement imprégnée des émotions humaines authentiques tout en rendant hommage aux traditions baroques via ses choix stylistiques, ne peut qu’attirer davantage l’attention du public sur ces trésors musicaux qui ne cessent jamais vraiment d’émerveiller ni leurs interprètes ni ceux qui ont été chanceux suffisamment pour participer à leur magie vivante.