Noémie Honiat, cheffe pâtissière et animatrice de télévision, évoque les défis liés à sa carrière après ses deux grossesses rapprochées. Elle met en lumière les préjugés concernant les femmes dans le milieu culinaire lors d’une interview pour le podcast Déclic(s).
Un parcours reconnu
En 2012, Noémie Honiat participe à Top Chef et connaît un franc succès. Après avoir été jurée de l’émission, elle prend les commandes de La Meilleure Boulangerie de France en 2022. À 36 ans, elle possède déjà deux Toques au Guide Gault & Millau et un Bib Gourmand, se classant parmi les rares femmes finalistes du Bocuse d’Or.

Mère de deux enfants, Zacharie (né en 2016) et Evie (née en 2017), Noémie partage sa vie avec Quentin Bourdy, ancien concurrent du même concours culinaire. En raison des exigences familiales, elle a demandé six semaines d’absence dans le cadre de son émission en 2025.
Des préjugés persistants
Dans sa discussion sur l’impact des grossesses sur sa carrière, Honiat dénonce les idées reçues dont sont victimes beaucoup de femmes : « Du haut de mes 1m53, on m’a souvent sous-estimée ». Elle raconte un moment marquant où un membre du jury d’un concours lui a avoué que certains jurés avaient des réticences quant à ses capacités simplement parce qu’elle est une femme.
Honiat partage également son expérience après la naissance de son fils Zacharie : « J’ai vraiment vécu cette période où on te propose moins de contrat ». Pour elle, devenir mère mène souvent à une forme de rétrogradation professionnelle : « Quand tu es enceinte, la société te met de côté ».
Appel au changement
À présent à la tête d’un programme très suivi sur M6, Noémie Honiat souhaite voir évoluer les mentalités dans le secteur gastronomique. Elle souligne une réalité préoccupante : « Sur des centaines de meilleurs ouvriers de France… il n’y a que deux femmes qui ont le titre ». Son appel est clair ; un changement doit s’opérer pour favoriser davantage d’égalité entre hommes et femmes dans ce domaine encore majoritairement masculin.
D’un parcours marqué par des victoires personnelles et professionnelles à ceux qui doutent encore des aptitudes féminines en cuisine, ses paroles mettent en exergue la nécessité impérieuse d’une prise conscience collective.