L'ONU exige des réductions budgétaires : les agences doivent réduire leurs coûts, y compris par des mobilités de personnel à New York

Les Nations Unies se préparent à des coupes budgétaires significatives en raison de la réduction annoncée des contributions financières américaines. Selon un mémo du secrétaire général António Guterres, les agences de l’ONU doivent proposer des plans pour réduire leurs coûts d’ici le 15 mai 2024. Cette situation résulte des initiatives de l’administration Trump qui ont déjà entraîné un retrait des États-Unis de plusieurs organisations et une baisse substantielle de leur financement.

Réduction prévue des contributions américaines

Les Nations Unies anticipent que le président Donald Trump réduira les contributions américaines à l’organisme mondial, ce qui a conduit à la rédaction d’un mémo daté du 25 avril, transmis aux agences directement sous la direction d’António Guterres, secrétaire général. Ce document fixe au 15 mai la date limite pour soumettre des propositions visant à couper dans les dépenses, notamment par des délocalisations vers des villes moins chères. « Votre objectif est d’identifier autant de fonctions que possible qui pourraient être déplacées vers des emplacements existants à moindre coût », stipule le mémo.

L’ONU exige des réductions budgétaires : les agences doivent réduire leurs coûts, y compris par des mobilités de personnel à New York

Répercussions sur les financements internationaux

En février, Donald Trump avait signé un décret exécutif concernant l’examen du financement global lié aux États-Unis et l’ONU, entraînant son retrait de plusieurs organismes s’occupant notamment de droits humains et de changement climatique. Depuis son premier mandat, il a également réduit le budget consacré aux efforts de maintien de la paix. Trois hauts responsables onusiens ont souligné que ces mesures étaient plus drastiques que prévu et qu’elles visaient à faire face aux potentielles réductions supplémentaires venant de Trump tout en tentant d’amortir les impacts financiers attendus.

Le manque croissant de ressources est aggravé par les retards dans les paiements effectués par certains États membres européens et américains. M. Guterres avait précédemment lancé une initiative nommée UN80, relative au quatre-vingtième anniversaire de l’ONU, afin d’améliorer son efficacité organisationnelle face à ces défis financiers.

Vers une réduction imminente du budget

« Ce sont des moments d’incertitude intense et d’imprévisibilité », déclarait-il récemment en évoquant cette crise financière permanente. Richard Gowan, directeur pour le groupe international de crise sur les affaires mondiales liées aux Nations Unies, a déclaré : « Les coupes américaines ont vraiment choqué l’ONU » ajoutant que cela nécessitait maintenant une réorganisation rapide : « Donc, Guterres est maintenant franchement pressé pour rattraper une très mauvaise situation ». La contribution américaine représente près de 25% du budget global annuel estimé autour de 3,6 milliards USD en 2024. Cela inclut également environ 18 milliards USD donnés dans différents secteurs au cours de l’année précédente. À cette même période, plusieurs pays comme la Grande-Bretagne ou la Suède annonçaient déjà leurs intentions de réduire fortement leur aide internationale afin de privilégier leurs priorités internes. En conséquence directe, il est estimé qu’un coup dur pourrait amener une baisse du budget onusien allant jusqu’à 20% pour 2026 selon Richard Gowan.

Changements opérationnels au sein des agences

Certaines agences telles que l’UNICEF ont commencé leurs propres revues budgétaires avant même le mémo ici analysé ; celle-ci prévoit également une diminution notable du personnel affecté avec un déménagement partiel vers Valence (Espagne) depuis New York afin de minimiser les effets négatifs sur ses programmes destinés aux enfants bien qu’elle ne soit pas alimentée par le budget ONU stratégiquement centralisé. D’autres structures comme le fonds populationnaire transféreront dorénavant certaines opérations critiques vers Nairobi (Kenya), tandis qu’une annonce interne faite par Tom Fletcher indique aussi que plusieurs départements appliquent actuellement un gel concernant recrutements ainsi qu’un abattement effectif pouvant toucher jusqu’à 20% du personnel bénéficiaire parmi diverses régions où ils opèrent normalement. Ces développements signalent non seulement un moment crucial mais pointent aussi vers ces nouveaux défis devant changer certains paradigmes économiques auxquels fait face aujourd’hui notre organisme international traditionnellement réputé coordonner l’assistance humanitaire globale.