OpenAI restructure sa gouvernance pour renforcer son contrôle public
OpenAI a annoncé, lundi, une transformation en société de prestations publiques, permettant à l’organisme à but non lucratif qui le supervise de maintenir son contrôle. Cette décision répond aux critiques concernant la direction trop axée sur les bénéfices et vise à clarifier la structure de l’entreprise.

Un retour aux origines
Sam Altman, le directeur général d’OpenAI, a cofondé cette entreprise avec plusieurs figures majeures de la Silicon Valley, dont Elon Musk, en tant qu’organisme à but non lucratif fin 2015. En 2018, après le départ tumultueux de M. Musk, OpenAI s’était transformé en une entité à but lucratif pour lever des fonds nécessaires au développement de ses technologies d’intelligence artificielle.
Cependant, cette évolution avait suscité des préoccupations quant à l’objectif initial de sécurité dans la construction des systèmes d’IA. Au cours de l’année dernière, un projet visant à transférer le contrôle à des investisseurs avait été envisagé pour rendre OpenAI plus attrayant financièrement.
Un changement décisif
Finalement, OpenAI a décidé de revenir sur sa stratégie précédente : l’organisme à but non lucratif conserve désormais son pouvoir décisionnel. Ce changement est perçu comme une victoire par les détracteurs d’OpenAI, notamment Musk, qui avait exprimé ses inquiétudes sur l’accent mis sur les profits au détriment des valeurs fondamentales.
Une société de prestations publiques est destinée à créer un bien social tout en facilitant les investissements extérieurs similaires aux sociétés classiques. « Je suis très heureux d’avoir pris la décision », a déclaré M. Altman lors du point presse suivant cette annonce. Il a ajouté que ce passage vers une nouvelle structure « nous prépare à avoir une structure plus compréhensible pour faire les choses qu’une entreprise comme la nôtre doit faire ».
Financement crucial par SoftBank
Actuellement, OpenAI négocie toujours avec son organisme de réglementation sur le rôle et les modalités engagées dans cette nouvelle forme sociale. L’organisme va également choisir les membres du conseil d’administration de cette nouvelle entité.
Le conglomérat japonais SoftBank a récemment joué un rôle clé dans un cycle financier ayant permis une valorisation d’OpenAI atteignant 300 milliards d’euros après un investissement total prévu pouvant aller jusqu’à 40 milliards d’euros. Si la transformation n’est pas finalisée avant la fin décembre 2023, SoftBank pourrait réduire sa participation totale à 20 milliards d’euros.
Ce développement souligne les tensions croissantes entre innovation technologique rapide et aspirations éthiques qui animent le secteur actuel des IA.