Un tournant vers la durabilité se dessine dans le monde de l’opéra, avec des initiatives significatives mises en place par l’Opéra national néerlandais. Ces efforts comprennent la création d’une base de données pour réutiliser des matériaux et une planification plus réfléchie des productions afin de minimiser l’impact écologique. Malgré les défis, cette approche vise à allier vision artistique et responsabilité environnementale.
Les équipes créatives doivent intégrer la durabilité dès le début
Il est fondamental que les équipes créatives discutent des efforts de durabilité avant même de signer leurs contrats pour assumer une production. Pour cela, Fuchs a travaillé à développer une base de données regroupant des accessoires, costumes et autres éléments disponibles en stock à l’Opéra national néerlandais.

L’accord vert priorise les matériaux écologiques dans les productions
L’accord vert présente aux artistes un schéma sous forme de pyramide concernant les matériaux de construction. Au sommet figurent les pires délinquants en termes d’impact écologique comme l’*aluminium*, tandis qu’un meilleur substitut pourrait être *l’acier*, moins nuisible lors de son extraction et recyclable. Près du bas se trouve *le bois*, ressource renouvelable, suivi par des éléments génériques issus d’autres productions qui peuvent être réutilisés.
Une nouvelle méthode appelée « programmation à court terme »
De Lint a évoqué que cet accord avait modifié la façon dont ils planifient leurs saisons en favorisant ce qu’elle appelle « programmation à court terme ». Si un projet ne semble pas fonctionner ou si cela compromet le mélange entre vision artistique et objectifs écologiques, elle affirme : « Nous pouvons être un peu radicaux et dire ‘Non, nous ne faisons plus ça’. »
Des prototypes sont fabriqués avec chaque production unique
Les stratégies adoptées par l’opéra varient grandement selon les œuvres présentées. Que ce soit un nouvel opéra de chambre ou le célèbre *“Il Trittico”
L’exemple marqué du projet « The Shell Trial » face aux défis climatiques
Un exemple marquant est celui du projet “*The Shell Trial*” d’Ellen Reid présenté au Festival de l’Opéra Forward l’année dernière. Ce travail abordait le thème du changement climatique tout en cherchant à atteindre un minimum d’émissions carbone. Cependant, certaines décisions créatives ont soulevé un problème majeur lorsque l’équipe souhaitait incorporer autant que possible feu et glace sur scène. Fuchs a reconnu qu’une solution simple serait apparue comme refuser cette demande ; pourtant elle a opté pour explorer davantage sur *l’empreinte carbone* engendrée par l’utilisation du gaz pour générer un incendie scénique. Bien qu’il fût envisageable d’acquérir du gaz « vert », son expédition depuis la Belgique serait nécessaire. En finançant du gaz local tout en réduisant sa quantité utilisée pour minimiser les émissions – accepté par les artistes qui ont consenti à réduire leur utilisation initiale de 50% – tous étaient satisfaits aussi bien que leurs objectifs respectifs étaient atteints. Ce chemin vers une production théâtrale durable représente non seulement un défi, mais également une nécessité pragmatique dans notre époque moderne où estime environnementale s’impose parallèlement au bonheur artistique.