Les PDG admettent que l'IA réduira leurs équipes, mais hésitent à le dire, selon deux investisseurs

Face à la montée de l’intelligence artificielle (IA), plusieurs entreprises technologiques, dont Klarna et Duolingo, révisent leurs positions sur l’emploi au sein de leurs équipes. Les PDG affichent publiquement une volonté d’embaucher tout en exprimant des inquiétudes sur des coupes d’effectifs potentielles en coulisses.

  • Face à l'IA, les PDG révisent leurs positions sur l'emploi.
  • Les dirigeants expriment des inquiétudes sur des coupes d'effectifs en coulisses.
  • Les investisseurs notent une dichotomie entre discours publics et réalité.
  • L'IA pourrait entraîner des licenciements massifs dans les deux prochaines années.

Les PDG admettent que l’IA réduira leurs équipes, mais hésitent à le dire, selon deux investisseurs

L’IA et les défis du marché de l’emploi

L’intelligence artificielle est censée accroître la productivité, mais suscite aussi des craintes quant à son impact sur les équipes humaines. Dans un épisode récent du podcast « Ving Minute VC », deux investisseurs logiciels ont révélé que, derrière les déclarations rassurantes des PDG, se cache une réalité moins optimiste concernant l’avenir de l’emploi. Jason Lemkin a déclaré : « Les entreprises publiques tentent de préparer leurs équipes pour cela, mais le contrecoup était trop fort », ajoutant que « tout le monde sait qu’il n’a pas besoin de 30% à 40% de l’équipe qu’ils ont aujourd’hui ».

Rory O’Driscoll a également mis en lumière cette dichotomie entre discours public et réalité. Il a affirmé que les dirigeants doivent éviter d’aborder le sujet sensible des licenciements pour ne pas provoquer une réaction négative chez leurs collaborateurs. Cela conduit souvent à ce que lui-même appelle une « déclaration très fade » sur l’usage futur de l’IA dans leur entreprise.

Des exemples concrets : Klarna et Duolingo

Plusieurs sociétés ayant initialement annoncé des plans audacieux autour de l’IA ont dû tempérer leurs propos par la suite. Par exemple, Sebastian Siemiatkowski, le PDG de Klarna, avait mentionné en décembre dernier que « l’IA peut déjà faire tous les emplois » humains, précisant même que leur entreprise avait cessé d’embaucher pendant plus d’un an. Toutefois, plus récemment, il a reconnu avoir peut-être ignoré les conséquences concrètes liées aux réductions d’effectifs.

De son côté, Luis von Ahn, le fondateur de Duolingo, avait vu ses projets qualifiés d’« AI-First » critiqués après publication sur LinkedIn. Il s’est ensuite rétracté en précisant qu’il ne comptait pas voir ses employés remplacés par cette technologie.

Vers un avenir incertain pour les effectifs ?

Lemkin prévoit que des licenciements massifs pourraient se produire au cours des deux prochaines années alors que les entreprises tenteront de s’adapter à ce nouvel environnement exigeant. À cet égard, il anticipe une stagnation du nombre global d’effectifs tandis qu’O’Driscoll évoque plutôt une diminution progressive liée notamment aux innovations technologiques.

Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, alerte quant à lui dans cet élan général sur la menace pesant sur « 50% des emplois de bureau d’entrée ». Il appelle ainsi la communauté technologique et gouvernementale à être réaliste concernant ces changements radicaux qui pourraient bientôt toucher divers secteurs comme la finance ou le conseil.

La montée impétueuse de l’intelligence artificielle laisse donc place non seulement aux espoirs liés à un gain en efficacité mais aussi aux craintes grandissantes autour du licenciement massif dans diverses industries essentielles.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.