Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, a lancé un nouvel avertissement concernant les conséquences potentielles de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois d’entrée de gamme. Dans une interview récente, il a souligné que ces technologies pourraient éliminer jusqu’à 50% des postes dans divers secteurs tels que le droit et la finance au cours des cinq prochaines années.
- L'IA pourrait supprimer jusqu'à 50% des emplois d'entrée de gamme dans certains secteurs.
- Les entreprises voient l'IA comme un moyen de réduire leurs coûts en diminuant leur effectif.
- Des experts ont des opinions divergentes, allant de la prudence à l'optimisme sur l'avenir de l'emploi.
- Le débat reste ouvert sur les impacts à long terme de l'automatisation et de l'intelligence artificielle.

Des pertes d’emploi à prévoir dans plusieurs secteurs
Dans une interview accordée à la BBC, diffusée jeudi dernier, Dario Amodei a expliqué que diverses tâches répétitives dans des professions telles que celles d’associés juniors dans les cabinets d’avocats sont particulièrement menacées par l’automatisation. Il a déclaré : « Plus précisément, si nous regardons des emplois comme un blanc d’entrée de gamme, vous savez, je pense aux gens qui travaillent dans des cabinets d’avocats, comme les associés de première année, il y a beaucoup de révision des documents. C’est très répétitif, mais chaque exemple est différent. C’est quelque chose dans lequel l’IA est assez bon. »
Amodei considère l’IA comme un moyen de réduire les coûts
Amodei a également révélé qu’un grand nombre de dirigeants envisagent surtout l’IA comme un moyen efficace pour réduire leurs coûts. Il précise : « Je pense que, pour être honnête, une grande fraction d’entre eux aimerait pouvoir l’utiliser pour réduire les coûts pour employer moins de personnes. »
Il insiste toutefois sur le fait que son estimation concernant la perte potentielle d’emplois n’est pas une vision dystopique mais repose plutôt sur ce qui devient déjà réalité.
Un état alarmant du marché du travail
En mai dernier, lors d’une déclaration faite à Axios, Amodei avait déjà exprimé ses craintes quant à un chômage pouvant atteindre entre 10 et 20% si ces disparitions massives se matérialisaient ; il évoquait alors le risque significatif en matière de réduction des postes administratifs.
Lorsqu’il s’est exprimé devant le Conseil des relations étrangères en mars 2023, il avait également anticipé que l’IA serait capable de rédiger jusqu’à 90% du code logiciel en seulement quelques mois. Pour lui : « Essentiellement », cela signifiera qu’au bout d’un an les ingénieurs humains se concentreront davantage sur les aspects conceptuels plutôt que sur la programmation lignes par ligne.
Retours divers sur les déclarations d’Amodei
Ces déclarations ont suscité divers retours au sein du secteur technologique. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, par exemple, a pris ses distances avec les perspectives sombres avancées par Amodei lors du Vivatech à Paris en juin dernier ; selon lui : « Je suis en désaccord avec presque tout ce qu’il dit », affirmant plutôt qu’il faudra s’attendre à une transformation progressive et non à une disparition nette des métiers.
De son côté, Sam Altman d’OpenAI rassure quant aux emplois menacés affirmant : « Nous ne permettrons pas à la moitié des emplois disparaître », ajoutant qu’il existe aussi « de nouveaux rôles » émergents grâce aux avancées technologiques.
Pour sa part, Marc Benioff (PDG de Salesforce) minimise ces inquiétudes évoquant une absence selon lui évidente « d’une apocalypse » imminente tandis que Jim Farley (PDG de Ford) est plus pessimiste en envisageant un remplacement possible « littéralement » pour la moitié des cols blancs américains.
L’avertissement fort porté par Dario Amodei met ainsi en avant un réel débat autour du futur du marché du travail face aux progrès rapides et indéniables offerts par l’intelligence artificielle.