Le PDG de Microsoft AI considère la superintelligence artificielle comme un anti-objectif

Le chef de l’IA de Microsoft critique la course à la superintelligence

Mustafa Suleyman, responsable de l’intelligence artificielle chez Microsoft, s’oppose fermement à la course à l’AGI (intelligence générale artificielle) qui anime les entreprises de Silicon Valley. Il défend l’idée que la superintelligence devrait être considérée comme un « anti-objectif », plaidant pour le développement d’une superintelligence humaniste.

Le PDG de Microsoft AI considère la superintelligence artificielle comme un anti-objectif

Suleyman a partagé ses réflexions lors d’un épisode du « Silicon Valley Girl Podcast » publié samedi. Il a déclaré que se concentrer sur une IA capable de dépasser l’intellect humain ne constituait pas une vision positive pour l’avenir. Selon lui, il serait « très difficile » d’encadrer ou d’aligner une telle entité sur nos valeurs humaines.

En tant que cofondateur de DeepMind avant son arrivée chez Microsoft, Suleyman met en avant sa volonté de développer une technologie bénéfique pour l’humanité : “Nous essayons de construire une superintelligence humaniste”, a-t-il souligné. De plus, il exprime des réserves quant à attribuer à l’IA un semblant de conscience ou un statut moral, affirmant : « Ces choses ne souffrent pas. Elles ne ressentent pas de douleur ».

Le débat autour de la superintelligence

Les commentaires émis par Suleyman résonnent dans un contexte où plusieurs leaders tech évoquent déjà la possibilité d’une superintelligence dans les années à venir. Sam Altman, PDG d’OpenAI, positionne ainsi cette quête comme étant au cœur même des ambitions de son entreprise, notant qu’ils contemplent déjà le développement vers cette nouvelle frontière technologique.

“Avoir des outils superintelligents pourrait radicalement booster la découverte scientifique et in fine augmenter considérablement notre richesse et prospérité”, déclare Altman en janvier 2023. Lors d’une interview récente en septembre dernier, il précise qu’il serait très surpris si cette capacité n’émergeait pas avant 2030.

Un avis similaire est partagé par Demis Hassabis, cofondateur de Google DeepMind ; il estime qu’un tel système pourrait voir le jour dans les cinq à dix prochaines années avec un potentiel transformateur sur notre quotidien.

Cependant, certains experts adoptent une approche plus prudente face aux promesses liées à l’AGI. Yann LeCun, scientifique en chef chez Meta, évoque la possibilité que nous soyons encore éloignés des avancées espérées : “Vous ne pouvez pas juste présumer que davantage de données et plus computation entraînent plus d’intelligence”, affirme-t-il lors d’une intervention académique.

Le dialogue autour du développement futurien des intelligences artificielles reste donc très polarisé et témoigne des diverses visions qui président au progrès technologique actuel dans ce domaine crucial pour notre société moderne.

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