Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a exprimé des inquiétudes concernant l’impact des tarifs imposés par le président Donald Trump sur la capacité de l’entreprise à effectuer des investissements significatifs en matière de recherche et développement (R&D) et de fabrication aux États-Unis. Ces déclarations interviennent dans un contexte d’incertitude tarifaire qui pourrait contraindre la société à faire preuve d’une plus grande prudence.
Albert Bourla a précisé lors d’un appel stratégique consacré aux résultats du premier trimestre que l’absence de certitude sur les tarifs serait essentielle pour envisager des investissements majeurs. « Si je sais qu’il n’y aura pas de tarifs et une grande certitude, alors il y a des investissements énormes qui peuvent se produire dans ce pays, à la fois en R&D et en fabrication », a-t-il déclaré. Il a ajouté que durant ces périodes d’incertitude économique, Pfizer devait « contrôler son coût » tout en restant « très frugal » avec ses choix d’investissement.

Bourla a également rappelé que Pfizer dispose actuellement de 13 sites de fabrication opérationnels aux États-Unis : « Nous avons donc toutes les capacités ici ». Cependant, il avertit qu’en cas d’imposition éventuelle de nouveaux tarifs par Trump, l’entreprise devra peut-être envisager un transfert rapide vers des sites hors du territoire américain pour certaines productions.
Le directeur financier de Pfizer, Dave Denton, a noté que ces tarifs actuels devraient coûter à l’entreprise environ 150 millions d’euros en 2025.
La question des éventuels nouveaux tarifs est sans cesse alimentée par les déclarations du président Trump. Ce dernier avait déjà exclu jusqu’à présent le secteur pharmaceutique d’une série tarifaire annoncée en avril : « Je prévois d’imposer des tarifs pharmaceutiques pour amener les entreprises à déplacer la fabrication aux États-Unis », assure-t-il.
Cette situation inquiète aussi certains leaders du secteur. Pascal Soriot, PDG d’AstraZeneca, considère que sa compagnie pourrait être amenée à transférer sa production dédiée au marché américain depuis l’Europe si ces mesures sont effectivement appliquées. Par ailleurs, Merck annonce avoir lancé la construction d’une installation commerciale estimée à 1 milliard d’euros dans le Delaware pour renforcer son engagement envers le marché américain.
Les réflexions autour des effets potentiels sur les prix ne manquent pas non plus chez certains investisseurs comme Mark Cuban qui anticipent une hausse probable des coûts si la pression tarifaire s’accroît sur les importations indiennes.
Face à un tel contexte économique changeant et tumultueux pour l’industrie pharmaceutique américaine, ont émergé diverses opinions quant aux stratégies possibles pour s’adapter – entre augmentations potentielles des coûts ou transferts stratégiques visant à optimiser la capacité productive nationale.