Une forte demande des riches pour les hedge funds

Goldman Sachs révèle que des milliers de milliards d’actifs privés souhaitent investir dans les hedge funds, traditionnellement privilégiés par les institutions comme les retraites et dotations. Alors que ces dernières sont confrontées à des pénuries de liquidités avec des capitaux bloqués, le patrimoine privé pourrait devenir une nouvelle cible pour la collecte de fonds.
Une industrie en pleine mutation
L’industrie des hedge funds, évaluée à 5 000 milliards de dollars, est actuellement soutenue par certains des plus grands pools financiers mondiaux, incluant retraites, dotations et fonds souverains.
Cependant, selon Goldman Sachs, ces institutions passent par une période difficile avec un manque crucial de liquidités dû à l’immobilisation de capital dans certains fonds illiquides. En revanche, moins de 500 milliards sur un total d’50 700 milliards d’actifs privés se trouvent actuellement investis dans ces hedge funds. Goldman souligne qu’en suivant les recommandations données par leurs conseillers d’investissement, environ 4 000 milliards pourraient potentiellement être orientés vers ce segment du marché.
« Même combler 10% de cet écart doublerait les actifs actuels » détenus par le patrimoine privé dans ce secteur. Des sociétés reconnues exploitent déjà cette opportunité. Par exemple, Millennium a vendu ses participations LP via ses conseillers bancaires privés tout en gardant une partie accessible à des clients fortunés tels que ceux de Goldman ou Morgan Stanley.
L’appétit grandissant pour les hedge funds
Le rapport indique aussi une volonté marquée chez certains investisseurs riches d’accroître leurs investissements. Une enquête menée par Goldman montre ainsi que 68% des conseillers en banques privées et RIA sont enclins à augmenter leur exposition aux hedge funds cette année tandis que seulement 4% prévoient de la réduire. En revanche, parmi les investisseurs institutionnels tels que ceux qui gèrent davantage d’actifs (retraites et assurances), seuls 31% souhaitent investir davantage dans ce type de fonds.
Cette transformation semble aussi être alimentée par un changement d’image du secteur auprès des gestionnaires privés. Bien connus pour leurs frais élevés et performances jugées décevantes auparavant, la situation actuelle a amélioré leur perception grâce notamment à un rendement annuel moyen s’élevant à 9,4% entre 2020 et juin 2025, contre seulement 6,6% pour un portefeuille classique mixte actions-obligations.
Projections futures et défis
Pourtant le potentiel est énorme si l’on prend en compte l’intérêt croissant envers le segment patrimonial : « Le segment offre une nouvelle frontière mais constitue aussi un défi formidable. Ceux qui sauront investire dans la compréhension du paysage seront mieux placés » conclut Goldman Sachs au sujet du développement stratégique nécessaire dans ce contexte économique changeant.