Pfizer a annoncé l’arrêt du développement de sa pilule quotidienne de perte de poids, Danuglipron, suite à un incident où un patient a subi une lésion hépatique. Ce choix fait suite à des récents problèmes rencontrés avec d’autres formulations de médicaments similaires.
Arrêt du développement de Danuglipron
Le 14 avril, la société pharmaceutique Pfizer, basée à New York, a déclaré qu’elle mettait fin au développement de Danuglipron, une pilule quotidienne visant la perte de poids. Cette décision intervient après qu’un patient ait connu des problèmes hépatiques pendant les essais cliniques.

L’entreprise avait commencé ses études cliniques sur cette molécule en 2022. Bien que Danuglipron ait montré des résultats prometteurs lors d’une étude de phase 2 et des données satisfaisantes en terme d’efficacité et de tolérabilité en phase 3, un seul participant asymptomatique dans une étude d’optimisation de dose a développé ce qui pourrait être une lésion hépatique potentiellement induite par le médicament. Pfizer a indiqué que « cette lésion a résolu après l’arrêt de Danuglipron ».
Données cliniques et stratégie future
Dans son communiqué, Pfizer a mentionné son intention de présenter les données relatives au programme clinique autour de Danuglipron lors d’un forum scientifique ou dans une revue évaluée par des pairs. Néanmoins, la compagnie continue à explorer le développement d’autres traitements contre la perte de poids avec le Dr Chris Boshoff, directeur scientifique chez Pfizer déclarant : « Les maladies cardiovasculaires et métaboliques restent des domaines importants des besoins médicaux non satisfaits ».
Ce dernier ajoute que malgré cet échec, Pfizer privilégie toujours le développement programmé pour aborder ces enjeux cruciaux.
Contexte concurrentiel
Ce n’est pas la première fois que Pfizer rencontre des obstacles liés aux médicaments dédiés à la perte pondérale. En juin 2023, elle avait abandonné un autre traitement oral après avoir constaté que les patients présentaient des niveaux élevés d’enzymes hépatiques durant un essai clinique à mi-parcours. Un mois plus tard, en décembre 2023, la société avait également arrêté le développement d’une version deux fois par jour jugée mal tolérée.
Pfizer n’est pas seule dans cette course aux traitements anti-obésité ; elle se confronte notamment aux entreprises comme Eli Lilly avec Zepbound et Novo Nordisk avec Wegovy. Ces laboratoires vendent également certains médicaments contre le diabète pouvant provoquer une perte de poids significative.
La Food & Drug Administration (FDA) américaine n’a approuvé qu’une seule pilule GLP-1 orale jusqu’à présent : Rybelsus commercialisé par Novo Nordisk pour traiter le diabète type 2.
Perspectives financières
Les analystes estiment que l’industrie GLP-1 pourrait atteindre une valeur dépassant 150 milliards d’euros début années 2030, permettant éventuellement aux préparations orales comme celles étudiées par Pfizer d’engendrer environ 50 milliards d’euros sur ce marché. En parallèle, il est notable que pour l’année fiscale récente se terminant en 2023, le chiffre d’affaires total réel de Pfizer a atteint 63,6 milliards d’euros avec un bénéfice net antérieur relevé à 8,02 milliards d’euros.
À noter également que, en raison de ses avancements notables, notamment son partenariat avec Biontech pour concevoir un vaccin COVID-19 ayant rapporté près de 11 milliards d’euros en ventes !