Le budget 2023 en péril : entre préoccupations et nécessité de compromis
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, a exprimé sur LCI l’urgence pour la France d’adopter son budget avant le 15 octobre, respectant ainsi les contraintes constitutionnelles. Il a souligné que la situation financière du pays reste « préoccupante » et appelle à un compromis au sein d’une Assemblée nationale fragmentée.

Moscovici a précisé qu’il y avait une contrainte légale stipulant que le Parlement doit disposer de 70 jours pour débattre du budget. À moins d’un mois du vote de confiance prévu le 8 septembre, il semble impératif d’agir rapidement pour valider les propositions gouvernementales, qui incluent un plan de 44 milliards d’euros d’économies.
Vers un déficit public en baisse
Moscovici a insisté sur le fait que le futur budget ne pourra pas satisfaire toutes les sensibilités politiques présentes à l’Assemblée. Le plan défendu par François Bayrou vise à réduire le déficit public à moins de 3% du PIB d’ici à 2029, étape considérée cruciale pour éviter une augmentation de la dette.
Actuellement, la dette publique française s’élève à près de 114% du PIB, ce qui place la France derrière seulement la Grèce et l’Italie dans la zone euro. Malgré cette situation délicate, Moscovici a estimé qu’il n’y avait pas lieu de céder au catastrophisme, citant une gestion relative efficace grâce à l’appartenance à la zone euro et aux revenus fiscaux.
Il met néanmoins en garde contre un coût croissant de la dette, qui pourrait devenir le premier poste budgétaire devant celui consacré à l’éducation ou à la défense. Avec environ 53-55% des créanciers étrangers détiennent cette dette française, Moscovici souligne que tout manque de confiance des marchés augmenterait encore ce coût.
Il conclut en notant que si les remboursements atteignent jusqu’à 100 milliards d’euros par an, cela limite drastiquement les capacités budgétaires pour toute autre action publique nécessaire au pays.