Narcissus rose : un film culte anniversaire
Le long métrage « Narcissus rose », œuvre emblématique du photographe James Bidgood, fait son retour sur les écrans après 54 ans d’absence. Ce film, tourné sur huit millimètres et réalisé dans un petit appartement de Manhattan, est une fantasie homoérotique qui s’est récemment vu restaurée par l’Université de Californie à Los Angeles. Il sera projeté à Metrograph, à New York, jusqu’au 20 avril.
Un univers visuel inspirant
« Narcissus rose » a ouvert ses portes à New York en mai 1971, coïncidant avec le deuxième anniversaire de la rébellion de Stonewall. Le film a initialement été présenté au Cinema Village pendant six semaines. James Bidgood a créé cette œuvre audacieuse en se concentrant principalement sur un seul acteur : Bobby Kendall. Ce film ne contient pas de dialogue et se déroule quasiment sans femmes. Dans des vêtements comme des jeans blancs serrés ou presque nu, Kendall incarne un personnage dont les fantasmes créent une succession de scénarios érotiques.

Une vision controversée face aux normes sociétales
La séquence d’ouverture captivante présente la pleine lune observée à travers une forêt dense et rappelle l’esthétique des animations Disney des années 1930. Accompagnée d’une musique classique intense comme « Night on Bald Mountain » de Mussorgsky, cette scène met immédiatement le ton du film. Bidgood allie éléments érotiques et représentations d’un monde imaginaire où la beauté et la décadence cohabitent. Les actes sexuels sont implicites et accompagnés d’une nudité ensuite camouflée sous différentes métaphores visuelles.
Un héritage redécouvert avec le temps
Dans le contexte des lois anti-homosexuelles vigentes à New York durant les années 1970, « Narcissus rose » propose une exploration intime mais restreinte du désir masculin. Des scènes telles qu’une fête en toge ou une danse provocatrice mettent en lumière les codes sociaux cachés derrière ces espaces clos. Bidgood cite également Charles Ludlam parmi les influences notables dans son style « camp », aligné avec certains films tabous comme ceux de Jack Smith et Kenneth Anger.
Aujourd’hui considéré comme un véritable classique queer, « Pink Narcissus » reflète non seulement l’évolution artistique mais aussi celle sociale vécue par la communauté LGBTQ+.
Narcisse rose est visible jusqu’au 20 avril chez Metrograph à Manhattan.