À la fin du printemps 1980, Bob Marley entame une tournée marquante aux États-Unis et en Europe pour promouvoir son album UprisingL’événement est symbolique sur de nombreux plans, mais se transforme rapidement en un chant du cygne pour l’artiste emblématique, dont l’état de santé se dégrade à cause d’un cancer.

Une tournée révélatrice
À la fin du printemps 1980, Bob Marley débute sa tournée pour promouvoir son album Uprising avec les Wailers. Cette tournée représente un tournant culturel important. Le visuel de l’album montre un Marley musclé levant les bras vers le ciel, tandis que le titre « Could You Be Loved » commence à faire vibrer les clubs américains et européens. Pour sa première représentation en Italie, il est programmé dans un stade pouvant accueillir plus de 100 000 personnes, et au Madison Square Garden à New York avec les Commodores.
Les Wailers sont composés de certains des meilleurs musiciens : Al Anderson et Junior Marvin à la guitare, Tyrone Downie et Earl « Wya » Lindo aux claviers, Aston « Family Man » Barrett à la basse et Carlton Barrett à la batterie. Les I-Threes, trio féminin comprenant Rita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt apportent une touche harmonieuse aux performances.
Entre routine artistique et défis personnels
Marley reste engagé physiquement avant chaque concert ; Al Anderson raconte que « Il s’entraînait toujours », car pendant la tournée il devait maintenir un rythme actif. Cependant, cette aventure s’avère être son dernier grand tour. Selon Anderson : « Il a travaillé si dur pour que tout reste ensemble ».
La tournée débute fin mai à Zurich avant d’atteindre plus de 120 000 personnes lors du concert en Italie où des banderoles sont brandies au nom de Marley : “Merci Bob Marley”. Lors des concerts américains qui commencent en septembre 1980 à Boston, « Allez-y doucement » devient une phrase récurrente prononcée par lui face à des foules immenses.
Un artiste engagé malgré la maladie
Les concerts varient entre 90 minutes jusqu’à deux heures grâce aux talents conjugués des artistes sur scène. Des performances énergétiques de chansons telles que « I Shot the Sheriff » ou encore celles plus anciennes comme « Burnin’ and Lootin’ ». Une introduction notable durant cette série est celle de „Redemption Song”, interprétée par Marley uniquement avec sa guitare acoustique. La réaction du public demeure positive malgré le changement traditionnel dans ses performances.
Un moment poignant surgit lors d’une chanson où il évoque les thèmes liés à l’identité personnelle signifiant peut-être quelque chose de plus profond dans son état : « You running, you running/But you can’t run from yourself ».
Cependant, l’inquiétude concernant sa santé grandit ; diagnostiqué trois ans auparavant d’un mélanome lentigineux acral (ALM), un type rare et agressif de cancer cutané. Étrangement prophétique semble être ce passage alors qu’il peine physiquement durant ses spectacles notamment lorsqu’il fait face aux attentes après avoir chuté lors d’une course dans Central Park.
Un adieu tragique
Le 30 septembre, Marley continue pourtant avec détermination sur scène au Stanley Theatre de Pittsburgh bien qu’il paraisse fatigué et amaigri par rapport quelques mois antérieurs ; ce concert devient mémorable malgré son état fragile.
Après plusieurs inquiétudes relayées par Rita Marley qui ordonne l’annulation des dates restantes suite aux complications liées Im Eden médecine radicale, il sera hospitalisé au Memorial Sloan Kettering Cancer Center où il découvre l’étendue tragique des métastases ayant atteint le foie ainsi que le cerveau. Refusant toute opération chirurgicale selon ses convictions rastafariennes choisissant plutôt divers traitements médicaux autour du monde.
Bob Marley succombe finalement le 11 mai 1981 alors qu’il retourne en Jamaïque après avoir été transporté depuis Allemagne; retirant pourtant une impression inoubliable auprès du public qui continuera sans aucun doute à célébrer son héritage musical immense. Dernière réflexion émotive issue d’un entretien précède son décès exprime sa conscience croissante vis-à-vis impact durable trouvé dans sa musique : « Au fil du temps… les gens découvrent que c’est réel”.