Pollution aux Pfas : l’est des Ardennes en crise sanitaire
- Une contamination aux Pfas cause une crise sanitaire dans l'est des Ardennes.
- Les analyses révèlent un dépassement des seuils dans plusieurs communes, notamment à Villy.
- La pollution provient notamment de l'ancienne papeterie Stenpa et affecte aussi l'agriculture.
- Le gouvernement intervient avec des contrôles renforcés et des mesures pour protéger la population.

L’est des Ardennes traverse une grave crise sanitaire depuis le 10 juillet dernier, date de la publication d’un arrêté préfectoral qui interdit aux habitants de 17 communes, dont 13 dans les Ardennes et 4 dans la Meuse, de consommer l’eau potable. Cette décision fait suite à la détection d’un niveau excessif de Pfas, des substances chimiques réputées pour leur toxicité.
Une découverte alarmante à Villy
Villy, une commune de 195 habitants, détient le record national d’eau contaminée par les Pfas. Ces molécules, largement utilisées dans l’industrie depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives et résistantes à la chaleur, sont connues pour leur persistance dans l’environnement. Certaines d’entre elles sont classées cancérogènes. Les maires de Villy, Malandry et La Ferté-sur-Chiers se sont unis pour alerter sur ce scandale sanitaire qu’ils n’avaient jamais anticipé avant que leurs analyses ne révèlent la contamination.
Des analyses inquiétantes
En août, il a été constaté que dans trente-neuf communes des Ardennes et de la Meuse, le taux de Pfas dépassait les seuils autorisés selon le ministère de la Transition écologique. L’obligation d’analyser ces substances dans l’eau potable ne deviendra obligatoire qu’à partir du 1er janvier 2026 sous réglementation européenne.
Les soupçons se concentrent sur la papeterie Stenpa, située à Stenay. Sa liquidation annoncée en novembre 2024 a mis en lumière son historique d’utilisation des Pfas sans mesures environnementales adéquates. Un ancien employé a révélé qu’environ 10 000 à 12 000 tonnes par an de boues industrielles ont été épandues sur les champs pendant plusieurs décennies.
Une vie quotidienne perturbée
À Malandry, Annick Willaime partage sa détresse face à cette situation inédite : « Mon fils Maxime ne voulait même plus prendre de douche ! ». Pour pallier cette inquiétude croissante quant aux effets sanitaires dus aux contaminants invisibles présents dans leur sang, trois maires ont décidé personnellement d’effectuer des tests sanguins coûteux (165 euros chacun) révélant des niveaux préoccupants allant jusqu’à 184,74 microgrammes par litre pour Richard Philbiche.
La mairie rembourse deux litres d’eau en bouteille par jour et par personne afin d’assurer l’hydratation essentielle à ses administrés tandis qu’une filtration au charbon actif est testée dans un château d’eau récemment rénové.
Réaction gouvernementale et enjeux agricoles
Face au désastre annoncé où même les bovins absorbent potentiellement ces toxines via l’eau contaminée, Étienne Malcuit ayant détecté des Pfas dans son lait, le gouvernement semble commencé à réagir sérieusement avec Christian Chassaing au poste de préfet depuis fin août. Joël Dubreuil souligne que « les cinq stations d’épuration vont subir des contrôles supplémentaires », incluant un projet visant à identifier toutes sources possibles de pollution.