La princesse Irene de Grèce a entrepris un projet audacieux visant à sauver des vaches laitières destinées à l’abattage en Europe, afin de les envoyer en Inde où elles pourraient nourrir des enfants sous-alimentés. Aux côtés du roi Juan Carlos et du philanthrope Diego Hidalgo Schnur, elle a surmonté de nombreux défis logistiques pour réaliser cette noble mission.
Un choc face aux réalités agricoles
En 2021, la princesse Irene a témoigné : « Soudain, j’ai lu dans le journal qu’en Allemagne, on abattait des vaches parce qu’il y avait un excédent de lait. Vivant en Inde, j’étais très sensible aux vaches et la nouvelle m’a choquée ». La prise de conscience est devenue plus pressante lorsqu’un sage hindou lui a dit : « Tu perds ton temps. Pendant que tu médites, des centaines de milliers d’enfants indiens sont sous-alimentés. Au même moment, l’Allemagne et la France tuent des vaches qui pourraient nourrir ces enfants avec leur lait ».

Une mobilisation familiale
De retour en Europe, la princesse s’est mise à œuvrer pour transférer ces animaux vers l’Inde. Son beau-frère Juan Carlos, roi d’Espagne, est intervenu pour convaincre les autorités politiques espagnoles et allemandes. Il a notamment évoqué sa difficulté à obtenir un soutien suffisant : « J’ai parlé avec le chancelier Kohl et il m’a promis d’envoyer 1 000 vaches, mais il y a trois jours il m’a appelé pour me dire qu’il pouvait au mieux en envoyer 50 » en raison d’oppositions écologiques.
Des démarches complexes mais fructueuses
Diego Hidalgo Schnur, après avoir rencontré Irene, a accepté de soutenir son initiative malgré ses réticences initiales concernant sa faisabilité. Le processus bureaucratique s’est révélé ardu car chaque animal devait posséder un passeport spécifique certifiant son pedigree.
Pour répondre aux défis logistiques du transfert d’Allemagne vers l’Inde sans risques sanitaires majeurs, il a été décidé que le transport se ferait par avion : « Il était convenu que les animaux prendraient l’avion pour réduire au maximum la durée du voyage », précise-t-on dans plusieurs sources.
Un vol exceptionnel
Irene n’a pas hésité à voyager avec les 100 Frisonnes lors de leur transit vers Bangalore : « J’avais très peur. Notre avion pouvait en contenir 100 », racontait-elle par la suite. Malgré une atmosphère parfois difficile, « au moment de l’atterrissage, l’odeur a enveloppé tout l’avion ». Elle était chaleureusement accueillie à son arrivée.
Une expérience mémorable
À son arrivée nocturne sur le sol indien, les animaux ont reçu un accueil traditionnel par les experts locaux qui veillaient à leur bien-être. Irene se remémore ce moment marquant : « J’ai soudain réalisé que je sentais la vache. Ce fut l’un des meilleurs voyages de ma vie ».
Ce geste humanitaire va bien au-delà du simple transfert d’animaux ; il incarne une démarche profondément empathique envers ceux qui souffrent encore aujourd’hui.