La vie d’une aide-soignante dévouée face à la réalité des maisons de retraite

Alison Pena, après le décès de son mari, a été la principale soignante de sa belle-mère Joyce, âgée aujourd’hui de 102 ans. En guerre contre son souhait de vivre seule à domicile, elle a dû prendre la décision difficile de placer Joyce en maison de retraite suite à une série de chutes.
Après neuf années passées à s’occuper d’elle tout en jonglant avec un emploi à temps plein, Alison a tenté d’honorer le désir de Joyce qui tenait à vivre chez elle. Pour cette dernière, ces visites mensuelles pour se faire manucurer étaient des moments précieux. Cependant, au début de l’année, une chute a conduit Joyce aux urgences. Bien qu’aucune blessure grave ne fût constatée, les contusions sur son corps ont alarmé sa belle-fille.
Bien que lui ayant permis un retour temporaire chez elle après l’hôpital – où Joyce était ravie et jouait du piano –, la situation n’a pas pu perdurer. Après une nouvelle chute et plusieurs semaines préoccupantes nécessitant un séjour aux urgences prolongé dont Alison est restée témoin pendant des heures avec toutes les craintes pour sa sécurité dans son appartement vieillissant.
Le moment clé survint alors qu’Alison dut déclarer : « Elle ne rentrera plus jamais chez elle », ce qui suscita des pleurs silencieux et exprima toute la douleur compliquée par l’amour qu’elle portait envers Joyce. Dans l’ambulance menant vers la maison de retraite, celle-ci demanda désespérément un retour immédiat chez elle.
Dans ce nouveau cadre institutionnel, bien que ses intentions soient louables – comme organiser une fête pour célébrer le 102e anniversaire avec cupcakes et amis – chaque visite d’Alison était teintée d’une tristesse palpable : Joyce demande constamment quand elle sera « libérée ».
De plus en plus apathique depuis le transfert dans cette structure où Arthur assiste impuissante au rétrécissement du monde joyeux qu’elle connaissait encore quelques mois auparavant ; refuse souvent même les activités proposées. Le seul moment qui semble apporter un peu de joie est lorsque Alison lui offre des soins manucuristes rituels ou ils partagent ensemble leur amour indéfectible « Nous sommes assis ensemble, nous tenant la main… ».
Cette expérience met ainsi en lumière non seulement le déchirement émotionnel que vivent les aidants familiaux devant telle prise en charge mais aussi les limites du choix individuel face aux impératifs sanitaires propres au grand âge dans notre société contemporaine.