Les attentes de croissance inquiètent Goldman Sachs concernant le marché privé de l’IA

Selon David Kostin, principal stratège américain de Goldman Sachs, la bulle financière ne se trouve pas dans les actions publiques des entreprises d’intelligence artificielle (IA) telles que Nvidia, mais plutôt sur le marché privé. Lors d’un podcast diffusé récemment, il a affirmé que les valorisations des sociétés privées du secteur sont devenues insoutenables à cause des influx massifs de capitaux et des projections de croissance optimistes.
Kostin souligne que contrairement aux bulles technologiques passées, les actions cotées en bourse présentent une corrélation positive entre leur valeur et leurs bénéfices. Il mentionne particulièrement Nvidia dont le cours a été multiplié par 12 au cours des trois dernières années, tout comme ses bénéfices.
« Je crois aux marchés privés, à la disponibilité des capitaux, au prix probablement insoutenable, que l’on pourrait considérer comme synonyme de bulle », explique-t-il. Le stratège cite également George Soros pour illustrer comment l’augmentation des prix attire davantage d’investissements.
Il met en garde contre un phénomène qu’il appelle « financement circulaire », où la croissance est trop dépendante des financements extérieurs qui risquent de ne pas perdurer. « À un moment donné, le fournisseur n’a pas nécessairement la même croissance pour pouvoir financer cette croissance », avertit-il.
Concernant les marchés publics, Kostin note qu’ils affichent une dynamique plus stable : « Le prix et les bénéfices correspondent donc à peu près ». Actuellement, les grandes sociétés du S&P 500 liées à l’IA se négocient à environ 30 fois leurs bénéfices – bien en dessous du pic historique atteint lors de précédentes bulles technologiques.
En parallèle, l’activité d’introduction en bourse aux États-Unis a fortement diminué. Avec seulement 55 IPOs dépassant 25 millions de dollars cette année comparativement aux 280 en 2021 et aux près de 400 en 1999 ; cela indique une certaine prudence sur le marché public malgré une disponibilité limitée mais existante du capital.
La réflexion portée par David Kostin alerte ainsi tant sur la santé potentielle du secteur public lié à l’IA que sur les risques croissants associés aux valorisations sur le marché privé.