Le procès pour atteinte aux droits d'auteur entre Karol G et Tiesto a été annulé

Un jugement rendu ce mercredi par un juge fédéral en Floride a rejeté les accusations de viol de droit d’auteur portées par le compositeur cubano-américain René Lorente contre la chanson « Don’t Be Shy » interprétée par Karol G et Tiësto. Le tribunal a qualifié les arguments de Lorente comme étant insuffisants, mettant en avant des lacunes probantes dans son dossier.

  • Le tribunal a rejeté les accusations de violation des droits d'auteur contre Karol G et Tiesto.
  • L'expertise présentée par le plaignant a été critiquée pour son manque de fiabilité scientifique.
  • La preuve d'accès à la chanson par la plaignante a été jugée insuffisante.
  • Le procès peut faire l'objet d'un recours, mais la décision actuelle est définitive pour l'instant.

Le procès pour atteinte aux droits d’auteur entre Karol G et Tiesto a été annulé

Une décision sans appel

Le juge Cecilia M. Altonaga a rendu une décision de 17 pages, stipulant que Lorente n’avait pas respecté les critères nécessaires pour poursuivre ses revendications. Selon lui, l’expert désigné par Lorente, Richie Viera, ancien exécutif de Capitol Records A&R, n’avait pas la formation adéquate pour affirmer que « Don’t Be Shy » était sensiblement similaire à la chanson « Algo Diferente » produite par Lorente en 2000.

Dans ce type d’affaire, il est essentiel que le plaignant prouve non seulement que le défendeur avait accès au matériau protégé, mais aussi qu’il existe une similitude substantielle entre les œuvres contestées. Le juge a noté que Lorente n’avait présenté aucune preuve solide démontrant une copie directe.

Des lacunes dans l’expertise

Le rapport d’expertise produit par Viera a été vivement critiqué dans la décision judiciaire. Le juge Altonaga a indiqué que Viera avait « refusé » de définir des termes musicologiques standards lors de son témoignage et qu’il avait négligé d’étudier l’« art antérieur », c’est-à-dire d’autres chansons ayant des similarités antérieures avec celles impliquées dans cette affaire. L’absence d’analyse rigoureuse a mené le magistrat à conclure que l’opinion de Viera manquait sérieusement de fiabilité scientifique.

« Ces lacunes ne font que renforcer la conclusion que Viera n’a pas l’expertise pour effectuer le type d’analyse comparative », déclare Altonaga.

Le problème d’accès aux œuvres

Concernant la question d’accès à sa chanson présente sur diverses plateformes numériques, Lorente avait fait valoir que sa musique était disponible sur YouTube (670 écoutes) et Spotify (2 718 écoutes) en juin 2022. Toutefois, le tribunal considère cela comme insuffisant.

« Aucun jury raisonnable n’a pu trouver un accès sur un tel record », explique-t-on dans la décision judiciaire.

Le juge a donc déclaré qu’aucune réclamation viable pour contrefaçon directe ne pouvait être retenue contre Karol G et Tiësto ni leurs maisons de disques.

Réaction face à la décision

Patrick Frank, avocat représentant René Lorente, évoque déjà des possibilités d’appel tout en commentant : « L’opinion est illustrative des obstacles significativement élevés auxquels se heurtent les musiciens lorsqu’ils affrontent une industrie disposée à utiliser toutes ses ressources contre eux ».

De leur côté, Jean Sammataro, avocat principal représentant Karol G et Tiësto, s’est réjoui du verdict : « Ce procès n’avait aucun fondement ». Il souligne également l’absence de preuve substantielle attestant que leurs clients auraient volé quoi que ce soit : « Les similitudes présumées étaient basées sur un élément musical très commun qui existe littéralement depuis Mozart ».

En attendant, des adjudications ou possibles appels futurs concernant cette affaire délicate au cœur du secteur musical américain contemporain.

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