Accord de règlement historique entre Purdue Pharma et les États américains dans la crise des opioïdes
- Les États américains ont signé un accord de 7,4 milliards de dollars avec Purdue Pharma pour la crise des opioïdes.
- Cet accord répond aux pratiques marketing jugées inappropriées de Purdue Pharma.
- La famille Sackler perdra le contrôle de Purdue Pharma et arrêtera de vendre des opioïdes aux États-Unis.
- Les paiements devraient se faire au cours des prochaines années, sous réserve de l'approbation judiciaire.

Le 16 juin, les 50 États, le District de Columbia et quatre autres territoires américains ont signé un accord de règlement de 7,4 milliards de dollars avec Purdue Pharma concernant son rôle dans la crise des dépendances aux opioïdes. Cette décision fait suite à une série de négociations menées par des procureurs généraux pour mettre fin à des années de litiges.
Un règlement en réponse à des pratiques contestées
Les avocats pharmaceutiques de Purdue avaient présenté cet accord devant un tribunal fédéral en mars. Cet arrangement a été conçu pour répondre au rôle authentifié du fabricant d’OxyContin dans les pratiques marketing jugées inappropriées qui ont aggravé la crise des opioïdes. Ce règlement remplace une proposition précédente qui avait été rejetée par la Cour suprême américaine dans un vote serré allant jusqu’à 5-4 l’année dernière. Si cet accord est validé par tous les intéressés, les paiements devraient avoir lieu au cours des prochaines années sous réserve d’une approbation judiciaire.
Rappel sur l’historique du fabricant
Purdue Pharma a mis OxyContin sur le marché américain durant les années 1990 avant de demander protection contre ses créanciers en vertu du chapitre 11 en raison d’innombrables poursuites judiciaires liées à ce produit. La société, contrôlée par la famille Sackler, a fabriqué et commercialisé ces opioïdes pendant plusieurs décennies. Selon divers responsables locaux, cette entreprise aurait contribué à intensifier le taux d’addiction et à provoquer un accroissement inquiétant des décès liés aux surdoses.
Des changements prévus pour l’avenir
L’accord stipule que la famille Sackler perdra son contrôle sur Purdue Pharma et sera contrainte d’arrêter toute vente d’opioïdes aux États-Unis. Ces derniers doivent verser environ 6,5 milliards de dollars dans le cadre du plan établi. Au total, Purdue devra débourser près de 900 millions dès le premier paiement suivi par des montants décroissants étalés sur trois ans : 500 millions, puis 400 millions. Dans un communiqué publié récemment, Purdue a mis en avant que ce « soutien unanime » obtenu parmi tous les États était « une étape essentielle pour confirmer un plan de réorganisation ». Ils ajoutent qu’elle pourrait générer « plus de 50 milliards chez les entreprises américaines au cours des 15 prochaines années, investis notamment dans les petites villes touchées durement par cette crise ».
Réactions locales face aux enjeux
Le procureur général démocrate de Pennsylvanie a souligné comment leurs communautés avaient souffert d’une « crise de dépendance sans précédent », arguant que Purdue ainsi que sa direction ont profité financièrement là-dessus tout en mettant en lumière l’importance cruciale du règlement : il s’agit selon lui d’arriver rapidement « autant d’argent que possible aux programmes » consacrés à la prévention et au traitement. Une audience judiciaire portant sur cet arrangement est prévue mercredi prochain où il sera demandé également aux gouvernements locaux jointe leur approbation au projet global final. Cet événement marque potentiellement un tournant significatif dans la lutte contre la crise actuelle liée aux opioïdes tout en suscitant encore beaucoup d’attentes quant à l’effet réel annoncé envers ceux déjà frappés durement par cette tragédie nationale.