En avril 2023, dans les TRI Studios de San Rafael en Californie, Mike Gordon, bassiste du groupe Phish, et Bob Weir, membre des Grateful Dead, ont collaboré à un projet innovant avec une équipe de scientifiques. Le duo utilise un dispositif expérimental appelé XenboX qui vise à détecter et encourager l’atteinte d’un état mental connu sous le nom de « flow » pendant la performance musicale.
- Mike Gordon et Bob Weir ont collaboré avec des scientifiques pour optimiser l'état de flow en musique.
- Leurs performances étaient surveillées par des capteurs mesurant leur activité physiologique.
- Gordon souhaite aider les musiciens à mieux s'immerger dans leur performance.
- L'équipe continue de travailler pour simplifier le processus malgré des défis techniques.

Un projet ambitieux
Lors d’une séance enregistrée, Gordon et Weir étaient équipés de capteurs mesurant leur activité physiologique tandis qu’ils jouaient ensemble. L’objectif était que XenboX identifie quand un artiste ressent cet état transcendant où la musique semble se jouer d’elle-même. Dr Greg Appelbaum, neuroscientifique à l’Université de Californie à San Diego, a expliqué : « Nous avons été lentement en train d’y travailler ». En effet, cela fait des années que Gordon nourrit ce rêve permettant aux artistes d’améliorer leur immersion musicale.
Selon Gordon, le but est simple mais profond : signaler subtilement au musicien qu’il est proche du flow grâce à des changements imperceptibles dans le son ou les lumières. Il souligne que « ce n’est pas pour faire de l’argent pour moi », mais plutôt pour récupérer une connexion profonde entre les musiciens.
Les débuts du flow
L’idée a germé chez Gordon dès ses années lycée lorsqu’il a fabriqué un appareil rudimentaire destiné à mesurer son activité cérébrale. Ce parcours introspectif s’est enrichi au fil des ans par divers apprentissages sur la neuropsychologie et des expériences vécues durant ses performances avec Phish.
Gordon se souvient : « C’est quand la musique semble jouer d’elle-même », décrivant ainsi le niveau supérieur d’engagement émotionnel atteint lors des concerts. L’impact bénéfique de cette expérience n’est pas seulement personnel ; il désire également partager cette quête universelle, citant Joseph Campbell : « Nous voulons vivre l’éternel tant que nous sommes vivants ».
Une collaboration dynamique
Le projet a pris un tournant important lorsque Gordon s’est associé avec Dr Suzanne Dikker et d’autres chercheurs spécialisés dans les interactions neuraspectives liées à la créativité musicale. Leur travail explorait comment les musiciens peuvent synchroniser leurs activités cérébrales lors des performances collectives.
Tout ceci repose sur une collecte minutieuse des données électriques du cerveau par électrodes disposées sur différentes zones du corps afin de comprendre comment optimiser ces moments créatifs.
Vers l’avancement technologique
Malgré plusieurs difficultés techniques, comme le besoin accru en électrodes, l’équipe travaille sans relâche pour simplifier ce processus tout en suivant le rythme chaotique du monde musical contemporain. Slomoff reconnaît qu’ils ont poursuivi une approche visant non seulement à démontrer leur principe mais aussi à construire quelque chose basé sur une science solide.
La dernière séance avec Weir a fait forte impression, illustrant même comment deux musiciens pouvaient être réunis dans ce rêve musical partagé pendant près de trois heures selon Weir lui-même : « Nous étions ensemble dans le rêve ».
Bien que beaucoup reste encore à faire avant que XenboX ne devienne un outil accessible aux artistes, ce voyage vers une meilleure compréhension du processus créatif continue passionnément, entraînant derrière lui toute une communauté scientifique prête à explorer les mystères encore insoupçonnés autour du flow musical.