Christine Job, 38 ans, a quitté Atlanta pour s’installer en Espagne en 2017. Après un diplôme de droit et une expérience professionnelle éreintante, elle a décidé de changer de vie. Depuis son déménagement, elle n’a jamais envisagé de retourner aux États-Unis.

Dans une conversation révélatrice, Christine partage ses réflexions sur sa transition. « J’avais besoin de temps et d’espace pour repenser les choses », explique-t-elle. Ses débuts en Espagne ont été marqués par l’adaptation à une nouvelle culture et l’établissement d’un mode de vie modeste à Logroño, où elle enseigne l’anglais tout en ressentant la culpabilité d’avoir trop de temps libre.
Une transformation personnelle
Lorsqu’elle était encore à Atlanta, Christine Job avait déjà observé que sa ville natale avait évolué. Bien qu’elle ait apprécié cette dynamique urbaine où se mêlaient opportunités professionnelles et diversité culturelle, le décès d’un proche l’a poussée à remettre en question ses choix de vie.
Après avoir déménagé dans le nord de La Rioja, Christine travaille environ 12 heures par semaine, ce qui constitue un choc culturel pour elle provenant d’une ambiance plus compétitive comme celle des startups. Cependant, cela lui a permis d’effectuer un travail introspectif essentiel : « C’est devenu un tournant pour moi », rappelle-t-elle.
Un engagement pour les femmes noires
En 2018, après son installation à Barcelone et avec la montée du nomadisme numérique durant la pandémie, Christine lance un podcast dédié aux voix des femmes noires vivant à l’étranger. Elle souhaite mettre en lumière leurs récits souvent négligés axés sur la migration : « Il y a tant de saveurs différentes » dit-elle concernant les motifs migratoires variés au-delà des stéréotypes habituels.
Son initiative attire surtout des auditrices américaines cherchant une alternative au mode de vie traditionnel américain : « Ces femmes sont très instruites … mais se sentent insatisfaites ». Son podcast compte désormais plus de 150 épisodes.
Nouveaux horizons professionnels
En août 2021, Christine fait le grand saut vers Valence où elle découvre une ville pleine d’opportunités tout en étant moins frénétique que Madrid ou Barcelone. Installée dans la vieille ville prise d’assaut par les touristes post-pandémie, Christine témoigne : « C’est plus détendu ».
Pourtant, vivre à l’étranger n’est pas exempté des défis habituels liés à la migration : « La migration est difficile et pleine de sacrifices ». Malgré ces obstacles inévitables et parfois déstabilisants, Christine estime que sa décision lui a ouvert beaucoup plus de portes qu’elle ne pourrait penser initialement.
Récemment devenue juge aux Pitch International Women’s Podcast Awards et actuellement en train d’écrire un livre sur son expérience expatriée, elle conclut avec conviction sur sa nouvelle identité : « Je ne me vois pas retourner en permanence aux États-Unis ».
Christine Job illustre ainsi comment un changement radical peut redynamiser non seulement sa carrière mais aussi apporter satisfaction personnelle via des projets engagés.