Le régulateur a suspendu LCI et TF1, les accusant de propager des informations erronées

La Haute autorité de la communication du Mali a suspendu LCI et TF1, accusant les chaînes françaises d’avoir diffusé des informations non vérifiées sur la situation sécuritaire dans le pays. Cette décision s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes contre les médias étrangers au Mali.

La Haute autorité de la communication du Mali (HAC) a annoncé, jeudi 14 novembre 2025, la suspension « jusqu’à nouvel ordre » des chaînes LCI et TF1. Les deux médias sont reprochés d’avoir relayé « des affirmations non vérifiées et des contrevérités » concernant les groupes jihadistes actifs au Mali. La décision ordonne également le retrait immédiat des programmes concernés « des bouquets de tous les distributeurs » maliens.

Le régulateur a suspendu LCI et TF1, les accusant de propager des informations erronées

Le Mali, dirigé par une junte militaire à la suite de putschs en 2020 et 2022, a intensifié ces dernières années son contrôle sur la presse. Plusieurs médias internationaux ont déjà été visés par des suspensions, ainsi que par des blocages d’accès ou interdictions de diffusion. Dans ce climat tendu, journalistes et voix critiques ont également été inquiétés ou emprisonnés.

Une séquence mise en cause

Les accusations portées contre LCI proviennent notamment d’une séquence diffusée le 9 novembre dans l’émission « Grand Dossier », qui portait sur les jihadistes au Mali avec pour titres : « Mali, les jihadistes aux portes de Bamako » et « Mali, le nouveau fief d’Al-Qaïda ». Selon la HAC, TF1 aurait ensuite repris cette séquence sur son site le même jour.

Des affirmations considérées comme alarmistes

La Haute autorité critique spécifiquement certaines déclarations telles que celle selon laquelle « la junte a interdit la vente du carburant » ou encore l’affirmation que « les terroristes sont proches de faire tomber Bamako ». Pour la HAC, ces assertions constitueraient une violation flagrante du code de déontologie journalistique au Mali et relèveraient d’un registre alarmiste décrivant un « effondrement imminent de l’État malien ».

L’HAC estime que ces informations pourraient susciter « la panique » parmi la population malienne ou nuire à la cohésion sociale du pays. Suite à cette décision, il a été constaté qu’LCI et TF1 ne sont plus accessibles au Mali depuis jeudi soir par un journaliste présent sur place.

Avec ces mesures restrictives imposées aux médias étrangers, le paysage médiatique malien continue d’évoluer sous un régime où l’information est strictement contrôlée. Cette tendance soulève des questions sur l’avenir du journalisme libre dans le pays face à une répression croissante.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.