Kokoyo Nyonya : le parcours d’Ernest Ang, jeune entrepreneur passionné de cuisine Peranakan
À seulement 24 ans, Ernest Ang est le propriétaire de Kokoyo Nyonya Delights, un restaurant Peranakan à Singapour. Après un passage désenchanté par l’ingénierie, il se lance dans l’entrepreneuriat culinaire, inspiré par les traditions familiales et la cuisine de sa grand-mère.

Ernest Ang a grandi en s’intéressant à la cuisine familiale. « Quand j’étais plus jeune, je n’étais pas autorisé dans la cuisine seule. Ma famille craignait toujours que je le brûle », raconte-t-il. Son amour pour la gastronomie l’incite à harceler sa grand-mère, cuisinière réputée ayant tenu un stand Hawker de nourriture Peranakan.
Bien qu’elle ait douté de son engagement initial – pensent qu’il abandonnerait ses ambitions après quelques semaines – Ernest persiste. Il consacre des mois à observer sa grand-mère admirer sa manière intuitive de cuisiner sans recettes précises : « Pour elle, ils sont comme un atout », dit-il sur ses secrets culinaires.
En août 2024, Ernest ouvre finalement Kokoyo Nyonya Delights avec un investissement de 80 000 dollars singaporiens (environ 62 000 euros), malgré des défis considérables tels que des loyers élevés (13 500 dollars SG par mois) et une gestion néophyte du restaurant. En opérant avec sa grand-mère pour contrôle qualité et des amis qui l’aident en cuisine et opérations, il élabore un menu mettant en avant les plats traditionnels tels que l’Inchi Kabin ou le rendang de bœuf.
Les premières semaines s’avèrent prometteuses jusqu’à ce qu’une pression croissante liée au nombre accru de clients se fasse sentir : « La foule était écrasante et j’ai réalisé que nous ne pouvions pas y faire face », confie-t-il en abordant les choix difficiles qu’il a dû faire sur son mode opérationnel.
Moins d’un an après son lancement, Ernest doit déménager vers une zone plus rentable près de la sixième avenue où le loyer est réduit à moitié tout en lui permettant d’attirer une clientèle plus disposée à dépenser pour son offre gastronomique unique.
Aujourd’hui installé dans ce nouvel emplacement avec deux employés contre quatre auparavant, Ernest continue d’affronter les défis quotidiens du métier tout en disant manquer cruellement du temps libre : « Je travaille sept jours par semaine. Chaque jour vient avec un nouveau problème ». En dépit des obstacles rencontrés depuis ses débuts ambitieux dans la restauration, il exprime sa satisfaction quant aux décisions prises: « Je n’ai pas de regrets d’essayer de commencer quelque chose ».
Le parcours d’Ernest Ang illustre parfaitement comment la passion et résilience peuvent ouvrir les portes vers une carrière florissante dans le secteur artistique gastronomique peu conventionnel mais tellement gratifiant.