Des déclarations controversées sur l’autisme
Le secrétaire à la santé américain, Robert F. Kennedy Jr., a suscité des controverses lors d’une conférence de presse le 16 avril en décrivant l’augmentation des cas d’autisme chez les enfants comme une « épidémie ». Il a annoncé que les fonds fédéraux seront orientés vers l’identification des causes potentielles.
Kennedy s’est exprimé avec force contre le consensus scientifique actuel, qui considère que l’accroissement des taux d’autisme est surtout lié à de meilleurs diagnostics et non pas à une augmentation réelle du nombre de cas. « L’une des choses dont nous devons nous éloigner est cette idéologie selon laquelle la prévalence de l’autisme augmente… simplement un artefact de meilleurs diagnostics », a-t-il déclaré.

L’intervention du secrétaire intervient alors même que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) venait tout juste de publier un rapport indiquant qu’en 2020, parmi les enfants âgés de huit ans, 1 sur 31 était diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique (TSA). Ce chiffre marque une hausse par rapport au rapport précédent en 2000 où ce taux était établi à 1 sur 150.
Cependant, il est important de noter que l’étude ne contient pas de preuves sur la corrélation entre les facteurs environnementaux et l’autisme mais note plutôt que « les différences dans la prévalence peuvent être dues aux services disponibles pour détection précoce et pratiques diagnostiques ».
Ceux qui critiquent ces déclarations jugées alarmistes par certains experts, comme Zoe Gross, directrice du plaidoyer au réseau d’auto-défense pour l’autisme, affirment qu’il n’existe aucune preuve soutenant ces assertions et critiquent leur impact négatif pour les personnes vivant avec l’autisme. Elle réagit directement en affirmant que ces discours alimentent une stigmatisation inexpliquée autour des individus concernés : « Leur discours sur une “épidémie” autistique sert uniquement son programme anti-vaccin ».
Avant sa fonction actuelle, Kennedy avait été président d’une organisation militant contre la vaccination pendant plusieurs années. Malgré cela, il a récemment encouragé la vaccination contre la rougeole face à une résurgence inquiétante en Amérique où le CDC annonçait, avec tristesse, avoir enregistré 712 cas cette année seulement.
En réponse aux commentaires problématiques liés aux vaccins durant une réunion cabinet récente, même le président Donald Trump avait suggéré qu’il pourrait exister une cause artificielle derrière cette montée en flèche – sous-entendant possiblement un lien avec ceux-ci.
L’Autism Society of America s’est également fermement opposée à cette idée et décrit tant celle-ci qu’un planning imposé comme étant « nuisibles ». Ils ont appelé pour davantage de recherches rigoureuses basées scientifiquement pour résoudre ce problème complexe plutôt qu’à spéculer sans fondement clair ni transparence suffisante.
Les échanges autour des causes possibles augmentent lentement tandis que la communauté scientifique reste implorante quant au respect nécessaire dans ces débats cruciaux reliés au bien-être futur des futures générations.