Le surf comme vecteur de reconstruction au Liberia

Arthur Bourbon, documentariste, revient à Robertsport, un village du Liberia touché par la guerre et connu pour le surf. Son dernier film, « We The Surfers », met en lumière les transformations positives qu’une communauté d’anciens enfants soldats a connues grâce à cette pratique. Ce projet a permis non seulement une réhabilitation personnelle mais aussi un développement économique local.
Un projet porteur de sens
Il y a cinq ans, Arthur Bourbon avait réalisé un premier documentaire sur la réalité des habitants de Robertsport. Depuis, le village s’est redressé avec l’aide d’ONG et l’initiative d’un club de surf. Dans son nouveau film, Arthur montre comment le surf a transformé la vie quotidienne des jeunes surfeurs locaux. Des collectes de planches venues des quatre coins du monde ont alimenté ce mouvement, accompagné par des bourses scolaires et des programmes de surf thérapie.
« C’est un projet qui était à la base plutôt sportif et au final qui est devenu un truc plutôt social, économique et qui aide un peu le village à se développer autour du tourisme et du surf », déclare-t-il dans une interview accordée à Paris Match.
Temoignages générationnels
Dans « Water get no enemy », le précédent film d’Arthur Bourbon et Damien Castera, ils avaient choisi une approche empreinte de pudeur pour traiter de la guerre encore taboue au Liberia. Comme l’a souligné Damien Castera : « La guerre est un sujet assez tabou là-bas… aucun criminel de guerre n’a été jugé… » Il explique que deux générations coexistent dans ce contexte : celle ayant vécu les horreurs du conflit et celle qui grandit sans expérience directe.
Ce contraste générationnel est évoqué dans le récent travail d’Arthur avec notamment Reagan, un jeune surfeur dont la vidéo virale lui vaut l’attention du champion du monde Gabriel Medina. Celui-ci lui propose son soutien direct pour continuer à avancer dans ce sport qui inspire tant sa communauté.
« We The Surfers » est disponible en VOD.