La Grande-Bretagne préserve ses normes alimentaires et se montre prudente face aux accords commerciaux avec les États-Unis.
Rachel Reeves, la chancelière britannique de l’Échiquier, a affirmé mercredi à Washington que le Royaume-Uni ne céderait pas aux pressions de l’administration Trump pour modifier ses normes de sécurité alimentaire ou abaisser les tarifs sur les voitures. Alors que des discussions sont en cours pour un accord commercial américain, le gouvernement britannique reste attaché à ses standards et souhaite éviter un déversement de produits bon marché sur son territoire.

Principes inébranlables
Dans une intervention auprès des journalistes avant sa première rencontre avec la secrétaire américaine du Trésor, Scott Bessent, Mme Reeves a clairement indiqué qu’il y avait des « lignes fermes » que le Royaume-Uni ne franchirait pas dans ces négociations. En particulier, elle a souligné qu’il était hors de question d’infléchir les règles concernant l’importation de bœuf traité aux hormones ou d’accepter quoi que ce soit qui compromette la sécurité routière, notamment en matière de protection des piétons et cyclistes.
Position claire sur la sécurité et les normes
« Ce sont des discussions sur les tarifs et les barrières commerciales, mais nous n’allons pas modifier nos normes en fonction des demandes des gouvernements étrangers », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que « les décisions concernant les normes alimentaires, autour des services numériques, autour des normes automobiles sont des décisions à prendre pour le gouvernement britannique ».
Préoccupations économiques et politiques
Bien qu’une minorité d’experts ait exprimé leur scepticisme quant à la possibilité d’un accord rapide entre Londres et Washington face aux nombreux pays qui cherchent à dialoguer avec l’administration Trump par rapport au commerce – cela fait suite aux tarifications élevées imposées par celle-ci – Mme Reeves n’a pas fourni de calendrier précis concernant la conclusion d’un tel accord.
Elle a reconnu néanmoins que l’administration Trump faisait bien d’interpeller sur la nécessité de pratiques « équitables ». « Je crois au libre-échange, mais ce doit également être un commerce équitable », a-t-elle affirmé. Une position qui renforce son contradicteur lorsqu’on sait que certains déséquilibres mondiaux préoccupent désormais autant Londres qu’ils intéressent Washington.
Contrôle des importations et régulations douanières
En parallèle, réduit risque dû à l’afflux possible de marchandises bon marché étrangères pourrait inciter le gouvernement britannique à revoir certaines régulations douanières. Ce changement vise particulièrement une règle actuelle qui permettrait l’importation sans droits supplémentaires jusqu’à 135 livres (180 €), soucieuse notamment du poids croissant exercé par le fast fashion comme Shein.
Équilibre entre libre-échange et protection
Ce mouvement s’aligne avec une décision semblable prise par M. Trump visant à renforcer le contrôle sur les exemptions pour petites marchandises expédiées depuis la Chine vers les États-Unis sans frais tarifaires si elles ne dépassaient pas 800 $.
Alors même que ces débats se renforcent entre institutions anglaises et américaines autour du commerce mondial dans son ensemble, il est devenu clair qu’au milieu du bruit politique ambiant réside un fondement partagé : éviter deux choses essentielles – céder à des pressions extérieures tout autant illusoires qu’économiquement dommageables ainsi qu’un afflux massif non contrôlé de produits pouvant déstabiliser davantage une économie déjà fragilisée par la pandémie.