Les Russes maîtrisent l'art de détecter les failles, illustré par la lutte d'influence à Kirkenes

À Kirkenes, petite ville norvégienne frontalière avec la Russie, les relations entre voisins se détériorent depuis le début de la guerre en Ukraine. Éleveurs locaux et habitants assistent à un retour des tensions géopolitiques qui viennent perturber la vie quotidienne dans cette région marquée par une coexistence historique.

Kirkenes : un front nordique de tensions

Kirkenes, située à 400 kilomètres au nord du cercle polaire arctique, est un point névralgique entre la Russie et l’OTAN, où l’hiver persiste jusqu’à fin avril. Avec une population d’environ 3 500 habitants, cette bourgade a longtemps profité de bonnes relations entre russes et norvégiens. Toutefois, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les comportements ont changé.

Les Russes maîtrisent l’art de détecter les failles, illustré par la lutte d’influence à Kirkenes

Egil Kalliainen, éleveur de rennes à Kirkenes, témoigne des nouvelles difficultés qu’il rencontre. En 2023, une quarantaine de ses rennes ont traversé la frontière vers Mourmansk suite à un incident diplomatique. La Russie a exigé 350 millions de roubles en dédommagement pour les dégâts causés aux parcs naturels : « Des conneries », soupire-t-il. Il fait face à des complications supplémentaires car les balises GPS qui guident son cheptel sont inopérantes suite au brouillage russe. « Le problème, c’est que la Norvège ne parle plus avec la Russie », ajoute-t-il.

Une atmosphère paranoïaque

À proximité du centre-ville se trouve Oeran, un homme jovial gérant le seul magasin de souvenirs près du poste-frontière. Ce dernier décrit son environnement devenu méfiant : « Cette voiture passe tous les jours. C’est étrange ». Avant le conflit actuel, environ mille Russes traversaient quotidiennement pour faire leurs courses en Norvège ; aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une centaine.

Les échanges entre communautés restent malgré tout présents comme en témoignent Natacha et d’autres réfugiés ukrainiens cohabitant avec des ressortissants russes dans ce village arctique. Natacha exprime sa bonne entente avec « des Russes normaux » mais comprend aussi ceux qui vivent difficilement cette cohabitation due aux horreurs vécues en Ukraine.

Près du consulat russe s’élève un petit autel dédié à Alexeï Navalny tandis qu’Elizaveta Vassilieva écrit pour « The Barents Observer ». Cette journaliste rassemble ses pensées tout en redoutant une possible répression familiale si elle retourne en Russie : « Bien sûr que j’ai peur ».

Opérations hybrides

Thomas Nilsen du même média souligne que Kirkenes représente véritablement un laboratoire pour tester les tensions entre Est et Ouest. En évoquant une opération menée par le FSB (services secrets russes) en novembre 2015 visant à créer le chaos migratoire dans la région afin d’exercer des pressions sur Oslo, il insiste sur les stratagèmes utilisés contre l’OTAN actuellement : « Nous pouvons vous mettre sous tension », dit-il.

La proximité géographique avec Mourmansk renforce encore ces incertitudes géopolitiques alors que Kirkenes demeure l’un des derniers ports européens accessibles aux navires russes depuis le début du conflit ukrainien.

Dans ce contexte complexe où se mêlent espionnage actif et stratégies subtiles, telles que celle utilisée lors d’un projet avorté mené par des popes orthodoxes souhaitant visiter des infrastructures critiques norvégiennes, vestige épinglé par Nilsen soulignant leur passé militaire caché lors d’une telle demande, il observe également que certains navires battant pavillon russe continuent opérant discrètement tout autour sans fournir minimales informations nécessaires, entraînant là aussi interrogations sur leur nature réelle dont certaines seraient vraisemblablement utilisées pour récolter renseignement ou mener activité illégale dans leurs secteurs marins respectifs, surpris devant tant nonchalance malgré resserrements sécuritaires affichés sur zone côtière stratégique majoritairement fréquentée autant halieutiquement qu’économiquement parlant dans domaine extraction énergétique croissante…

Alors que touristes regardent paisiblement danser les aurores boréales, Egil ressent grandement non seulement la perte préjudice flagrant dû au passage imprévus d’animaux errants, mais aussi lourdeur quotidienne heureusement allégée par l’ambiance particulière amorcée jadis belle harmonie commune désormais frangée de conflits criards malvenus répandus ici loin, échauffements couloirs trop souvent troublants alentour.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.