À une heure de route du Kremlin, un village privé inspiré de Deauville se dessine : « Dovil ». Érigé depuis 2007, il prétend offrir luxe et tranquillité aux élites russes. Avec des caractéristiques architecturales rappelant la Normandie, le site fascine tout en préservant un mystère entourant les motivations de ses créateurs. Dans cette enclave, l’expression d’un certain art de vivre se mêle à des traditions culturelles bien ancrées.
Un monde parallèle protégé
Le village est cerné par une paroi métallique de 6 mètres de hauteur. Ce dispositif permet d’interdire l’accès sans invitation préalable : chaque visite doit être signalée avec immatriculation du véhicule. À travers ce périmètre, on découvre une architecture « napoléonienne », à côté de laquelle se niche aussi un musée des missiles stratégiques. Les fondations historiques viennent d’un passé révolutionnaire où Staline avait son propre projet dans la région.

Cuisine et influences françaises
La gastronomie locale reflète l’amour pour la France. Au Bulldog français, Pyotr Dmitriev savoure une salade aux concombres et radis après avoir discuté musique ou vin avec appétit. Alina, sa femme rencontrée à Saint-Tropez en 2009, a converti leur demeure en style français avec un lustre Lalique. Anna partage également sa passion pour le bon pain français offert par sa boulangerie préférée.
L’architecture évoque tout autant celle de la Normandie que le classique européen ; Anna décrit cet ensemble comme « merveilleux », malgré l’absence absolue de mer.
Un promoteur mystérieux
Vitaly Borissov est au cœur du développement immobilier du lieu. Ancien psychiatre reconverti dans l’immobilier, il a imposé un cadre strict quant à sa clientèle privilégiée : « Les habitants sont esthètes, discrets, élégants », commente Anna. Un projet inspiré par 1 500 livres sur la construction traditionnelle qui montre la ferveur encore vive pour les arts classiques.
Les prix varient fortement dans cette enclave exclusive ; les villas vont d’une valeur d’environ 7 425 000 euros jusqu’à 27 775 000 euros pour le Château luxueux affichant marbre et piscines intérieures.
Défis architecturaux adaptés au climat extrême
Le choix architectural n’a pas été simple face aux rigueurs climatiques russes : les températures oscillent entre -40 °C en hiver et +40 °C en été. « Il a fallu trouver des astuces pour imiter l’aspect des terres cuites vernissées », souligne Gilles*. Des sous-sols ont été intégrés systématiquement afin d’isoler les maisons ravagées par le froid mortel pendant plusieurs mois chaque année.
Les bâtiments sont conçus plus robustes mais gardent toujours un aspect esthétique charismatique associé aux villas normandes.
L’engouement interculturel pour la France
Cet intérêt durable pour l’art vétéran russe s’étale déjà depuis le XVIIIe siècle ; Pouchkine vénérait tant notre langue qu’il fut surnommé « le Français ». Dans Moscou moderne, voit encore fleurir toute allusion culturelle attirante vers Paris ; ainsi, La piscine d’Alain Delon peut typiquement garnir une façade cinématographique locale comme incitation supplémentaire à voir défiler bientôt spectateurs avides.
Aujourd’hui, toutefois, les impacts politiques – sanctions économiques liées notamment au conflit ukrainien – n’épargnent pas ces habitués du glamour français qui continuent cependant leurs escapades fréquentables via un nécessaire réseau international – voyage vers Courchevel selon certains jolis gamins.
Ce mélange enchanteur entre héritage culturel soviétique traduit visiblement aujourd’hui encore bien sûr toutes ambitions immobilières sous-tendant ce fragile écosystème social si particulier !