Le tremblement de terre dévastateur en Birmanie laisse Sagaing, une région sous contrôle rebelle, presque sans secours. Le séisme du 28 mars a causé environ 3 000 morts, et la ville de Sagaing est largement détruite. Dans cette situation critique, les habitants luttent pour obtenir de l’aide humanitaire alors que le gouvernement semble ignorer leur détresse.
- Un séisme dévastateur en Birmanie a causé environ 3 000 morts et détruit Sagaing.
- Plus de 90% des infrastructures de Sagaing ont été détruites, affectant 350 000 habitants.
- Les secours peinent à intervenir efficacement en raison de communications perturbées et d'accès limités.
- Une aide humanitaire insuffisante face aux besoins urgents des sinistrés.

Sagaing : un bilan dramatique après le séisme
Située à 14 kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre qui a frappé la Birmanie, la ville de Sagaing a subi des dégâts catastrophiques. Selon des sources locales, plus de 90% des infrastructures ont été détruites dans cette agglomération comptant près de 350 000 habitants. Les corps restent exposés aux intempéries alors que les secours peinent à intervenir efficacement.
Les communications avec la grande ville voisine, Mandalay, sont gravement perturbées ; cela fait suite à l’effondrement d’un pont crucial reliant les deux régions et à la fermeture d’un second pont pour des raisons sécuritaires.
Une aide humanitaire insuffisante face à l’ampleur des destructions
Face à ce désastre, les témoignages recueillis par DVB rapportent plusieurs scènes tragiques. Des mosquées telles que Myodaw, Myoma et Masjid se sont écroulées alors qu’elles accueillaient leurs fidèles pour prier lors du vendredi saint. Un témoin rapporte : « Nous devons envoyer les corps à Mandalay car le cimetière musulman de Sagaing se trouve dans une zone contrôlée par l’armée », illustrant ainsi les complications liées aux accès.
Des groupes bénévoles tentent d’apporter leur soutien ; cependant, ils font face à un défi majeur avec peu de ressources financières – seulement autour de 11 euros par enveloppe distribuée, soit un total approximatif de 2 400 euros, bien loin d’être suffisant pour répondre aux besoins urgents des sinistrés.
Ressources vitales manquantes dans une zone laissée pour compte
Dans cet environnement chaotique où tous semblent abandonnés par le gouvernement central en raison des tensions politiques et militaires dans la région contrôlée par des rebelles, il y a pénurie d’éléments vitaux tels que nourriture, médicaments et eau potable. Chaque soir depuis le séisme, les rescapés se regroupent au bord du fleuve Irrawaddy pour se laver ou faire tremper leurs affaires.
Un récit poignant émerge d’un survivant nommé Tin Maung Htwe, resté enseveli pendant cinq jours sous les décombres avant son sauvetage. Il explique comment il a survécu grâce à sa propre urine : « L’hôtel s’est effondré. J’avais l’impression d’être en enfer », relate-t-il encore choqué par son expérience devant une équipe médicale qui lui prodigue soins et assistance.
De plus en plus souvent qualifiée d’« hôpital à ciel ouvert », la ville donne témoignage non seulement du violent tremblement mais aussi du lourd fardeau qu’entrainent négligences politiques sur ses populations vulnérables.