Chapô
La situation au Soudan se dégrade rapidement. Une semaine après la prise d’El-Obeid par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), plus de 36 000 personnes ont fui le Kordofan-Nord. Les affrontements entre l’armée soudanaise et les FSR intensifient les violences, avec des allégations d’atrocités ethniques.

Une crise humanitaire en cours
Le communiqué de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) daté du dimanche 2 novembre révèle que 36 825 personnes ont fui cinq localités du Kordofan-Nord. Cette région est située à quelques centaines de kilomètres à l’est du Darfour, où la violence s’est intensifiée depuis avril 2023 entre l’armée et les FSR. Les paramilitaires ont récemment pris le contrôle d’El-Obeid, capitale de cet État, un site logistique essentiel qui inclut un aéroport.
La guerre a déjà causé des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes, selon des chiffres fournis par l’ONU, mettant en lumière une des pires crises humanitaires au monde.
Lundi, un membre des FSR affirmant dans une vidéo diffusée le dimanche soir que « Aujourd’hui, toutes nos forces ont convergé sur le front de Bara », souligne la stratégie offensive actuelle des paramilitaires vers cette localité située au nord d’El-Obeid. Cette déclaration suit un précédent succès revendiqué sur El-Facher.
Témoin oculaire décrit la terreur quotidienne
Souleiman Babiker, habitant d’Oum Smeima près d’El-Obeid, témoigne : « Après la prise d’El-Facher par les paramilitaires, le nombre de véhicules des FSR a augmenté ». Il évoque également un climat instable rendant impossible tout travail agricole : « Nous avons arrêté d’aller dans nos champs, de peur des affrontements ».
Un autre citoyen ayant demandé l’anonymat confirme une « forte augmentation » du matériel militaire dans leur région pendant ces deux dernières semaines.
Des atrocités signalées
Martha Pobee, secrétaire générale adjointe de l’ONU pour l’Afrique, alerte quant aux « vaste atrocités » survenant tour à tour à Bara sous la responsabilité présumée des FSR. Elle indique qu’il existe un schéma similaire aux massacres observés précédemment au Darfour impliquant lettres ethnico-raciales ciblées contre les communautés non arabes.
La communauté internationale continue donc à surveiller avec inquiétude ce conflit en constante escalade qui affecte profondément autant le Kordofan que le Darfour et dont les conséquences humanitaires s’étendent bien au-delà des frontières nationales.