Greg Abel prêt à succéder à Warren Buffett chez Berkshire Hathaway

- Greg Abel doit prendre la relève de Warren Buffett chez Berkshire Hathaway début janvier.
- Les experts pensent qu'il pourrait gérer différemment et plus directement les filiales.
- La performance boursière a chuté depuis l'annonce du changement, malgré une forte hausse en début d'année.
- Abel devra relever le défi de maintenir la croissance tout en gérant un empire vieux de 60 ans.
Le changement de leadership chez Berkshire Hathaway se profile avec l’arrivée de Greg Abel, qui prendra la relève de Warren Buffett en tant que PDG début janvier. Cela marque une étape cruciale alors que Buffett, figure emblématique de l’investissement américain, dirige l’entreprise depuis 60 ans. Plusieurs experts anticipent un changement significatif dans le style de gestion d’Abel.
Abel, actuellement chef des opérations non-assurantielles, est perçu comme étant plus impliqué dans la supervision des filiales par rapport à son prédécesseur. Selon Larry Cunningham, auteur et expert sur Buffett, « Greg Abel est un opérateur dans l’âme – il s’engagera plus directement avec les filiales sous-performantes ». Il ajoute que Berkshire pourrait devenir connu pour sa « l’autonomie intelligente ».
D’autres actionnaires tels que Steven Check, responsable de Check Capital Management, s’accordent à dire qu’Abel pourrait offrir une meilleure gestion : « Berkshire pourrait en fait être mieux géré par Abel car il est plus un manager des gens que Buffett » a-t-il expliqué.
La performance boursière de Berkshire a néanmoins subi une pression : les actions ont baissé de 12% depuis l’annonce du départ imminent de Buffett malgré une hausse initiale de 19% en début d’année. La société n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur cette situation.
Les acquisitions demeurent un point fort pour Berkshire Hathaway. Sous la direction inclusivement active d’Abel et d’Ajit Jain, la société pourrait cibler davantage d’opportunités tout en générant des revenus déjà impressionnants – 371 milliards USD – avec des bénéfices d’exploitation atteignant 47 milliards USD l’an dernier. Toutefois, quelques experts soulignent que le marché actuel offre peu d’entreprises susceptibles d’accroître significativement les résultats financiers du conglomérat.
Bill Smead, investisseur chez Smead Capital Management et impliqué auprès de Berkshire depuis plus de 30 ans, pense qu’Abel sera compétent dans le domaine des acquisitions. Il déclare également que « la force de Berkshire sera probablement dans l’achat de sociétés entières parce que ce sera la force de Greg Abel ».
La question du versement potentiel d’un dividende est également sur toutes les lèvres ; selon John Longo, professeur et auteur reconnu, cela « pourrait aider à attirer une nouvelle classe d’investisseurs » au moment où le groupe dispose déjà d’un solide confort financier.
Pour sa part, Warren Buffett devrait rester président exécutif et assister Abel si nécessaire. Bien qu’il soit considéré comme « irremplaçable », certains analystes comme Brett Gardner affirment qu’avec Greg Abel aux commandes, « Berkshire est toujours entre de superbes mains ».
Ce passage incessant souligne les défis à venir pour Greg Abel alors qu’il tentera non seulement maintenir mais aussi faire croître durablement un empire construit pendant six décennies par son prédécesseur.