La société d’automatisation Formic a observé une augmentation significative de l’utilisation de ses robots par ses clients face aux incertitudes économiques provoquées par les tarifs douaniers. Cette tendance est particulièrement marquée dans les secteurs de la nourriture et des boissons, où l’automatisation devient un recours essentiel pour faire face à la hausse des coûts.
Une demande croissante en robotique
La guerre commerciale initiée sous la présidence de Donald Trump a entraîné un chaos au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui a renforcé la demande pour l’automatisation. En témoignent les propos du directeur marketing de Formic, qui a signalé que « ses clients avaient intensifié leur utilisation des robots cette année ». Les robots développés par Formic réalisent principalement des tâches d’emballage et de palettisation pour divers secteurs, y compris l’automobile et l’agroalimentaire. Fonctionnant sur un modèle innovant appelé « robots-as-a-service », les entreprises louent ces équipements et sont facturées mensuellement selon leur usage. Actuellement, plus de 100 usines américaines bénéficient déjà de ces technologies automatisées.

Prendre les devants face aux hausses tarifaires
Les entreprises semblent avoir mis en place ces solutions robotiques afin d’anticiper d’éventuelles augmentations dues aux nouvelles politiques tarifaires imposées le 1er février. « Ces données suggèrent que tout le monde s’est assis ensemble et a dit : passons à l’essentiel autant que possible… », commente Fitzgerald, un responsable chez Formic. Bien qu’une légère baisse ait été constatée en mars concernant l’utilisation des robots, il semble qu’une reprise soit observable depuis début avril. Mais le climat commercial reste instable avec diverses annonces tarifaires affectant considérablement le commerce mondial.
Automatisation comme réponse stratégique
Des exemples concrets tels que celui de Rumiano Cheese Company, une entreprise familiale spécialisée dans le fromage basée à Willows (Californie), illustrent parfaitement cette adaptation au besoin d’automatisation. Les tarifs douaniers représentent une menace non négligeable pour leurs bénéfices, stimulant ainsi une transition vers davantage d’automatismes. L’entreprise utilise actuellement un robot fabriqué par Formic capable de transporter efficacement des boîtes lourdes. Le vice-président operations chez Rumiano souligne : « Nous avons eu plus de conversations sur l’IA et la robotique au cours des deux derniers mois. ». De son côté, David Wolper précise qu’ils n’ont pas en interne « d’équipes scientifiques », ce qui pousse Rumiano à rechercher activement des partenaires capables d’intégrer efficacement les outils analytiques nécessaires afin d’optimiser leurs dépenses.
Vers une formation accrue
L’ensemble du paysage économique américain ressent également cette nécessité croissante en compétences techniques liées à la robotique. Lorsqu’il évoque le contexte actuel lors d’interviews télévisées après avoir annoncé sa stratégie tarifaire en avril dernier, Howard Lutnick, secrétaire du Commerce américain, mentionne que « les usines vont connaître une montée significative dans la formation notamment liée aux métiers techniques ». Face aux défis posés par les tarifs douaniers devenus omniprésents sur la scène économique mondiale, il apparaît crucial pour les entreprises américaines non seulement de poursuivre leur adoption technologique mais aussi d’assurer la montée en compétences adaptées au futur manufacturier façonné par l’automatisation.