Le procès de Gérard Depardieu, accusé d’agressions sexuelles par deux femmes, se déroule actuellement sous l’œil imperturbable du juge Thierry Donard. Ce dernier fait face à une salle d’audience agitée et des tensions palpables. Les avocats, notamment Me Carine Durrieu Diebolt et Me Claude Vincent, dénoncent la stratégie agressive de la défense, qui a été critiquée pour son attitude envers les parties civiles.
Un parcours judiciaire atypique et adapté
Âgé de 53 ans, le juge Thierry Donard a un parcours plutôt singulier. À ses débuts en 1999, il est conseiller pénitentiaire d’insertion avant de devenir directeur adjoint à la maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan en 2005. Ce n’est qu’en 2011, à 40 ans, qu’il termine sa formation à l’École nationale de la magistrature sans utiliser le concours principal.

Sa carrière connait plusieurs étapes notables : juge d’instruction à Auxerre puis substitut du procureur à Melun où il gère notamment la section « exécution des peines ». Après avoir travaillé deux ans au ministère de la Justice et conseillé deux Gardes des Sceaux successifs depuis 2019, Donard revient à ses fonctions judiciaires en 2023.
Une expérience dans les procès médiatiques
Le magistrat n’est pas étranger aux affaires très médiatisées ; il avait présidé le procès de Stéphane Plaza en août 2024, condamnant l’animateur pour violences conjugales avec une peine de douze mois avec sursis. Pendant ce nouveau procès, il prend des notes tout en maintenant une concentration palpable au milieu du tumulte ambiant.
L’interventionnisme chaotique des avocats
Lors des débats autour du procès Depardieu, les avocats sont particulièrement volubiles, surtout Me Jérémie Assous qui s’en prend vigoureusement aux plaignantes ainsi qu’au Procureur. Cette situation provoque des altercations animées dans la salle avec même l’intervention régulière de policières entre les bancs adverses.
Cela a conduit Me Durrieu Diebolt à signaler : « Une défense particulièrement agressive, violente que l’on éprouve toutes ». Sa consoeur Me Claude Vincent dénonce quant à elle l’« apologie du sexisme » présente dans les propos tenus durant les plaidoiries.
L’impartialité maintenue par le juge
Puisque certains observateurs affirment que le juge semble dépassé par ces événements intenses, plusieurs avocats soulignent plutôt son calme stratégique comme étant révélateur d’une grande expérience : « C’est assez habile de sa part », explique un avocat anonyme sur cette gestion judicieuse afin d’éviter toute contestation concernant l’impartialité.
Ainsi, même si Gérald Depardieu est un homme affaibli physiquement par ses 76 ans, lui-même garde un certain sens humoristique devant un auditoire tendu. Me Assous conclut ses plaidoyers en louant également la patience démontrée par Thierry Donard durant cette période tumultueuse.
Démontrant ainsi que malgré ce climat électrique délétère qui entoure ce procès hors normes où se mêlent sensations fortes et émotions exacerbées, le juge incarne une forme silencieuse mais nécessaire de justice équilibrée au sein du tribunal.