Une récente étude suédoise a établi un lien significatif entre les traumatismes infantiles et le développement de l’endométriose chez les femmes. Les résultats suggèrent qu’une exposition à des circonstances difficiles durant l’enfance augmente considérablement le risque de cette maladie douloureuse.
- Une étude suédoise a lié les traumatismes de l'enfance à un risque accru d'endométriose chez les femmes adultes.
- Les femmes ayant connu des traumatismes durant leur enfance ont 20% de chances supplémentaires d'être diagnostiquées avec l'endométriose.
- Le risque peut grimper jusqu'à 60% pour celles exposées à plusieurs facteurs adverses, et le risque double pour les enfants témoins ou victimes de violence.
- La douleur causée par l'endométriose est souvent minimisée par certains professionnels de santé, entraînant une détresse supplémentaire pour les patientes.

Les résultats d’une étude suédoise révélateurs
Le 11 juin, une étude publiée dans la revue British Medical Journal Human Reproduction a révélé que les femmes ayant connu des traumatismes durant leur enfance sont exposées à un risque accru d’endométriose. Cette recherche s’appuie sur l’analyse de plus d’un million de dossiers médicaux en Suède.
D’après l’étude, les femmes ayant souffert de toxicomanie au sein de leur famille, ayant perdu un proche ou étant confrontées à des problèmes financiers ont 20% plus de chances d’être diagnostiquées avec cette maladie par rapport à celles qui n’ont pas subi ces expériences.
Pour celles ayant été exposées à plusieurs facteurs adverses, le risque grimpe jusqu’à 60%. Les auteurs ont également noté que les enfants témoins ou victimes de violence voient leur probabilité développée d’endométriose doubler.
L’impact psychologique sur la santé physique
L’endométriose provoque des douleurs sévères et affecte approximativement une femme sur dix aux États-Unis. La pathologie est liée à des complications telles que des saignements abondants, des cystes ou même la stérilité chez près de 50% des femmes atteintes.
Les chercheurs ont mis en avant qu’il est crucial d’évaluer chaque patiente dans sa globalité plutôt que seulement en se concentrant sur les symptômes physiques liés à l’endométriose. Le Dr Rostvall note : « Les conséquences physiques négatives du traumatisme psychologique peuvent être liées à une capacité affaiblie du système immunitaire. »
Selon elle, cette inflammation chronique joue un rôle clé dans la maladie et pourrait expliquer pourquoi certaines femmes y sont davantage sujettes.
Des carences dans la reconnaissance médicale
Malheureusement, la douleur causée par cette condition chronique peut souvent être minimisée par certains professionnels de santé. Ce phénomène entraîne une détresse supplémentaire pour beaucoup d’entre elles. Une étude britannique a révélé que certaines patientes éprouvaient ce qu’on appelle un « lighting médical », où leurs douleurs étaient mises en doute.
Rostvall souligne : « Beaucoup de femmes présentant ce type de douleurs font souvent face au rejet émotionnel [.] permettant potentiellement [à] la maladie d’évoluer sans traitement approprié. » Elle insiste sur la nécessité pour les médecins d’être conscients du lien complexe entre santé mentale et physique afin d’améliorer le diagnostic et le traitement.
Cette recherche met en lumière non seulement le besoin urgent pour une meilleure sensibilisation autour de l’endométriose mais aussi celui concernant les traumatismes enfantins associés aux pathologies féminines souvent méconnues ou négligées dans le milieu médical contemporain.