Nauru, une île de 21 kilomètres carrés dans l’océan Pacifique Sud, fait face à une crise de santé publique majeure. Avec environ 12 000 habitants, près des deux tiers de la population adulte est désormais obèse, un phénomène qui a des implications inquiétantes pour la santé générale des Nauruans.
- Nauru, un pays de 21 km² dans l'océan Pacifique, fait face à une crise d'obésité.
- Près de deux tiers des adultes nauruiens sont obèses.
- Les importations alimentaires riches en graisses saturées contribuent à l'obésité.
- Plus de 40% de la population souffre de diabète de type 2.

L’impact de l’abondance alimentaire
Une enquête menée par l’Organisation mondiale de la santé en 2023 révèle que les femmes présentent un taux d’obésité légèrement supérieur à celui des hommes. Cette situation s’explique en partie par le passé prospère de Nauru grâce aux mines phosphates, lesquelles ont entraîné une dépendance croissante vis-à-vis des importations alimentaires après leur épuisement en 2006.
Les denrées alimentaires envoyées principalement par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Fidji sont souvent non périssables et riches en graisses saturées. Un témoignage récent du YouTuber Ruhi Çenet montre les rayons d’un supermarché local remplis de produits transformés tels que « spam », tandis que les légumes frais atteignent des prix exorbitants : 12,45 € pour un chou-fleur et 40,95 € pour une pastèque entière.
Le diabète rampant
Le rapport d’alimentation fait également état de chiffres alarmants concernant le diabète à Nauru. Plus de 40% de la population est touchée par le diabète de type 2. Ce dernier entraîne diverses complications graves telles que maladies coronariennes ou problèmes rénaux.
Le Dr Ruth Colagiuri, professeur agrégé à l’Université de Sydney ayant collaboré avec les services sanitaires locaux depuis les années 1990, partage son expérience : « Lors de ma première visite à Nauru au début des années 1990, le diabète était endémique… De nombreuses personnes atteintes souffraient d’amputations et de cécité. »
Selon World Population Review, Nauru devrait maintenir sa position parmi les pays avec les taux d’obésité les plus élevés au monde en 2025, où il se classe troisième globalement.
Une nouvelle culture sédentaire
Dans ce contexte difficile pour la santé publique, porter du poids supplémentaire est devenu synonyme de « prospérité », signalant un changement culturel vers un mode de vie moins actif. L’obésité affecte près d’un enfant sur trois, reflétant l’adoption généralisée du mode de vie sédentaire chez les jeunes générations.
En comparaison avec les États-Unis, dont la population est environ 29 000 fois supérieure, deux adultes américains sur cinq sont atteints d’obésité contre presque tous (environ 65%) des adultes nauruiens.
L’urgence sanitaire doit donc être prise au sérieux alors que cette petite nation insulaire lutte contre son héritage minier et ses choix alimentaires modernes qui mettent en péril sa survie.