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Interrogé à la télévision américaine, Donald Trump a laissé entendre que ses projets d’expulsions massives pourraient primer sur les garanties constitutionnelles accordées aux migrants.

Comme à son habitude, Donald Trump sème la controverse. Interrogé ce dimanche sur ses projets de « plus grande opération d’expulsions de l’histoire des États-Unis », comme il l’a promis pendant sa campagne de 2024, le président américain a déclaré sur NBC ne pas savoir s’il était tenu de respecter les droits constitutionnels des migrants.
À la question de savoir s’il partageait l’avis de son secrétaire d’État Marco Rubio, qui a affirmé que « toute personne sur le sol américain a droit à une procédure régulière », Trump a répondu : « Je ne sais pas. Je ne suis pas avocat. »
« J’ai été élu pour les faire partir d’ici »
Pour Trump, les procédures sont trop longues et freinent ses ambitions. « Si on suit cette logique, il faudrait organiser un ou deux, voire trois millions de procès », a-t-il avancé. « J’ai été élu pour les faire partir d’ici, et les tribunaux m’en empêchent. »
La Constitution américaine, dans son cinquième amendement, garantit qu’aucune personne – citoyenne ou non – ne peut être privée de ses droits sans procédure légale. La Cour suprême a d’ailleurs rappelé à l’administration Trump, à plusieurs reprises, qu’elle devait respecter ces droits. Mais Trump, qui s’appuie fortement sur ses conseillers juridiques, a botté en touche : « Mes avocats sont brillants. Ils savent ce que dit la Cour suprême et ils suivront les règles. »
Utilisation de la loi Alien Enemies Act
Parmi les points les plus polémiques figure l’utilisation par l’administration d’une vieille loi de 1798, l’Alien Enemies Act, qui permet des expulsions rapides sans passer par les procédures habituelles. Normalement réservée aux périodes de guerre, cette loi est aujourd’hui invoquée pour expulser sans délai des migrants accusés d’être affiliés à des gangs étrangers.
Toutefois, Trump assure ne pas chercher « à défier la Cour suprême », tout en laissant entendre qu’il pourrait redemander des clarifications à la plus haute juridiction.
Conséquences politiques et juridiques
Ce discours soulève des questions importantes concernant le respect du droit et la protection des individus face aux décisions politiques en matière d’immigration. Dans un contexte déjà tendu autour de ce sujet aux États-Unis, ces déclarations pourraient provoquer une nouvelle vague de débats juridiques et sociaux dans le pays.