Trump et le Groenland : un projet qui s'effondre ?

Une nouvelle tension émerge entre les États-Unis et le Groenland alors que la visite d’une délégation américaine, prévue par l’administration Trump, ne suscite pas l’engouement escompté. Le Groenland, en pleine réévaluation de ses relations avec le Danemark et aspirant à plus d’indépendance, voit cette démarche comme une ingérence. Les experts s’inquiètent des conséquences négatives pour les relations américano-groenlandaises.

  • Une délégation américaine prévue par Trump n'a pas suscité d'engouement au Groenland.
  • Le Groenland, aspirant à plus d'indépendance, voit cette démarche comme une ingérence.
  • Le gouvernement groenlandais a qualifié la démarche américaine de « agressive » et cherché un soutien européen.
  • Cette visite a alimenté les tensions autour du statut du Groenland vis-à-vis du Danemark.

Trump et le Groenland : un projet qui s’effondre ?

La quête des États-Unis pour le Groenland se poursuit depuis des décennies

Depuis plus de 150 ans, les responsables américains cherchent à établir un lien plus fort avec le Groenland. Cette ambition a été soulevée pour la première fois dans les années 1860, puis relancée avant et après les guerres mondiales. L’intérêt croissant pour le Groenland coïncide avec sa volonté grandissante d’évaluer son passé colonial sous l’autorité danoise.

Le gouvernement groenlandais rejette la démarche américaine jugée agressive

L’annonce par Donald Trump de l’envoi d’une délégation américaine sur l’île a été reçue très froidement au sein du gouvernement groenlandais. En effet, ce dernier a qualifié cette intervention de « agressive » et a cherché un soutien européen face aux pressions américaines. « Cela aura clairement l’effet inverse de ce que les Américains veulent », a déclaré Lars Trier Mogensen, analyste basé à Copenhague. Il prédit que beaucoup vont « rechercher la sécurité dans le statu quo – dans le royaume du Danemark et ses alliances ».

Une indépendance croissante et une critique sur la forme plutôt que sur le fond

Le statut du Groenland vis-à-vis du Danemark est en dévolution lente mais significative. En 2009, des mesures ont été prises permettant à l’île de gérer presque toutes ses affaires, sauf celles relevant de la défense ou de la politique étrangère. Tout récemment, une élection parlementaire a révélé un désir partagé mais contradictoire parmi les partis politiques locaux concernant une éventuelle indépendance. Face à ce contexte délicat, certains citoyens expriment leur désappointement quant au timing malheureux de cette visite américaine : « C’est un mauvais timing. Nous n’avons même pas encore de nouveau gouvernement », déplore Jens Peter Lange, technicienne dentaire à Ilulissat.

L’impact potentiel sur la culture locale souligne la sensibilité géopolitique

La réaction froide à cette délégation s’étend également aux événements culturels comme la course annuelle aux chiens qui devait avoir lieu lors de cette visite. Les organisateurs ont affirmé qu’ils n’ont pas invité Usha Vance ainsi que son fils tout en précisant que ces derniers pourraient assister en tant que spectateurs. Pour illustrer cet état d’esprit ambivalent vis-à-vis du projet américain, Svend Hardenberg, acteur danois ayant une série Netflix se déroulant au Groenland, évoque : « Les gens lisent l’intention politique dans quelque chose qui est censé être simple ». Ce type d’interférence perçue alimente davantage les tensions autour du sujet.

Les réflexions positives sont rares face aux critiques grandissantes

Certaines voix locales souhaitent quand même voir cela comme une opportunité plutôt qu’un fardeau. Jørgen Boassen, maçon et partisan franc établi au Groenland suggère qu’il serait mieux de coopérer avec les États-Unis tout en reconnaissant leurs implications stratégiques : « Au lieu de simplement les rejeter, nous devrions coopérer avec les Américains. » En définitive, malgré quelques apports potentiellement positifs liés à cette visite symbolique pour faire briller vos territoires locaux – notamment « une énorme promotion » pour culture groenlandaise selon certains – il semble clair que celle-ci risque plutôt d’aggraver déjà vu tensions existantes sur fond historique complexe entre cultures américaines et groenlandaise.