Chapô
- Epic Games conteste la décision de la CMA qui limite l'ouverture de l'App Store à des alternatives.
- La CMA prévoit des règles anti-sténation, mais Epic critique leur inefficacité face aux frais d'Apple.
- Epic cherche à créer un environnement concurrentiel pour augmenter ses profits et sa présence au Royaume-Uni.
- La bataille juridique pourrait influencer le marché britannique des applications et les bénéfices des développeurs.

Epic Games conteste une décision de la Competition and Markets Authority (CMA) du Royaume-Uni qui refuse de forcer Apple à ouvrir son App Store à des alternatives. L’entreprise, créatrice de Fortnite, estime que ces restrictions empêchent la concurrence et mettent en péril le retour de son jeu sur iOS.
La CMA et sa décision controversée
Le 23 juillet, la CMA a annoncé son intention de désigner Apple et Google comme ayant un statut de marché stratégique, permettant ainsi l’application de nouvelles réglementations. Toutefois, cette mesure ne favorisera pas l’émergence d’alternatives à l’App Store avant 2026 selon Epic Games. Dans un communiqué, Epic a déclaré que la feuille de route proposée par la CMA « n’ouvre pas l’écosystème de l’application mobile à la compétition au Royaume-Uni ».
L’entreprise considère que cela représente une « occasion manquée » pour créer un cadre concurrentiel dans un secteur que la CMA a qualifié de monopolistique il y a quatre ans. Epic insiste sur le fait qu’une véritable concurrence est essentielle : « sans plusieurs magasins concurrents », il existe un « monopole sanctionné par l’État » qui nuit tant aux développeurs qu’aux consommateurs.
Les inquiétudes d’Epic concernant les paiements externes
La CMA prévoit également des règles anti-sténuation permettant aux développeurs d’orienter les utilisateurs vers des systèmes de paiement externes. Cependant, Epic note que cette annonce n’aborde pas les frais supplémentaires imposés par Apple pour les transactions hors application. Accusant ce statut quo d’« années de conformité malveillante », Epic souligne qu’il nuira davantage à la concurrence escomptée.
D’après leurs dires, le climat britannique pour les affaires numériques est devenu particulièrement sombre en comparaison avec d’autres marchés où des vitrines alternatives sont permises. Ils espèrent que l’agence reconsidérera ses décisions afin d’apporter plus d’avantages aux consommateurs.
Un intérêt économique évident
Epic critiquait ouvertement la position restreinte adoptée par la CMA face aux régulations numériques au Royaume-Uni, insistant sur le fait que cette situation est motivée non seulement par des considérations éthiques mais aussi commerciales. En favorisant un cadre où il serait possible pour leur propre magasin – le Epic Games Store, qui doit s’étendre au Brésil et au Japon en 2025 – d’être pleinement opérationnel au Royaume-Uni.
Au-delà des questions platoniques concernant les frais liés à l’utilisation des autres magasins APP en Europe, en éliminant ces coûts supplémentaires imposés par Apple, les développeurs pourraient accroître leurs bénéfices tout en maintenant ou réduisant leurs prix pour attirer davantage de clients.
Il apparaît donc clairement qu’Epic vise directement à optimiser sa rentabilité dans cet affrontement : chaque changement normatif pourrait représenter pour elle une opportunité lucrative potentiellement générante jusqu’à plusieurs millions voire milliards d’euros.
Tandis que cette bataille juridique se poursuit entre Epic Games et Apple, beaucoup observateurs attendent avec impatience quels seront les impacts réels sur le marché britannique des applications et sur ceux qui développent toujours ce contenu numérique florissant.