La metteuse en scène Caroline Guiela Nguyen présente sa nouvelle création, « Valentina », qui explore avec sensibilité les défis rencontrés par une jeune immigrée roumaine. À travers des personnages touchants, la pièce évoque des thématiques telles que la barrière linguistique et les inégalités dans le système hospitalier.
Une histoire d’immigration et de solidarité familiale
« Valentina » raconte l’histoire d’une fillette d’une dizaine d’années, qui quitte sa Roumanie natale pour accompagner sa mère souffrant d’un grave problème cardiaque, nécessitant des soins à l’étranger. Ne parlant pas français, la jeune fille devient rapidement son interprète, tissant des liens complexes marqués par de puissants mensonges.

Moins d’un an après le succès de « Lacrima », Caroline Guiela Nguyen présente une œuvre saisissante qui reflète les injustices du monde contemporain à travers des histoires humaines profondément crédibles mais totalement fictives. La directrice du Théâtre national de Strasbourg se concentre ici sur six personnages principaux : Valentina, sa mère, son père, monsieur Popa (le cuisinier de l’école), Isabelle (la directrice) et Chloé Catrin, remarquable dans les rôles de médecin-cheffe et la directrice.
Nguyen s’est immergée dans la réalité du sujet grâce à l’association Migration Santé Alsace, qui aide les personnes allophones à naviguer dans un environnement médical souvent complexe. Elle dépeint ainsi les disparités entre ceux capables d’interagir avec leur médecin et ceux qui ne le peuvent pas.
Un spectacle riche en émotions
menant parfois à perdre son chemin tout en offrant un espoir salvateur.
Caroline Guiela Nguyen fait ici preuve d’une maîtrise narrative exceptionnelle, créant un conte dont le dénouement réconforte et rappelle que derrière chaque défi humain se cachent des récits dignes d’être racontés.
Cet engagement artistique pose également la question : jusqu’où peut-on aller pour aider autrui tout en préservant ses propres valeurs ? Le théâtre devient ainsi un espace réflexif permettant non seulement de divertir mais aussi d’alerter sur notre société actuelle.