Un verdict qui suscite l'indignation à travers tout le Canada.

Acquittement de cinq joueurs de hockey sur glace : un verdict qui divise le Canada

  • Les cinq joueurs ont été acquittés après un procès de huit semaines, ce qui a suscité l'indignation au Canada.
  • Le tribunal a conclu que le récit de la victime ne permettait pas de prouver leur culpabilité, malgré des preuves contradictoires.
  • L'affaire a déclenché des manifestations et une remise en question de la culture toxique dans le sport canadien.
  • Cela soulève aussi des enjeux internationaux sur la perception du machisme dans les milieux sportifs masculins.

Un verdict qui suscite l’indignation à travers tout le Canada

Cinq anciens membres de l’équipe nationale junior du Canada, accusés d’agression sexuelle en 2018, ont été acquittés après un procès de huit semaines. Ce verdict suscite une vive controverse à travers le pays.

Le verdict a été rendu par la juge Maria Carroccia dans une salle comble à London, Ontario. Les cinq joueurs, Michael McLeod, Carter Hart, Alex Formenton, Dillon Dubé et Cal Foote, étaient accusés d’avoir participé à l’agression sexuelle d’une jeune femme identifiée sous les initiales EM lors d’une fête organisée pour célébrer la médaille d’or au Championnat du monde junior. Selon EM, elle se serait sentie « comme un objet » alors qu’elle naviguait entre des relations consentantes avec l’un des joueurs et les avances répétées des autres.

Malgré son récit, la juge a conclu que celui-ci ne suffisait pas à établir la culpabilité des accusés. Les faits se sont déroulés en juin 2018 dans une chambre où EM aurait accepté les avances initiales tout en subissant plusieurs interactions non consensuelles supplémentaires. L’accusée explique avoir eu peur pour sa sécurité si elle avait refusé.

Des enquêtes délicates et controversées

La police de London avait initialement clos son enquête sans porter plainte en février 2019, estimant manquer de preuves suffisantes. En avril 2022, EM a décidé de poursuivre Hockey Canada et plusieurs joueurs pour un montant s’élevant à 3,55 millions de dollars, ce qui a conduit Hockey Canada à opter pour un règlement amiable peu après.

Ce règlement a attiré l’attention médiatique grâce aux révélations du journaliste Rick Westhead, déclenchant une indignation publique croissante sur le traitement réservé aux victimes dans le milieu du hockey canadien. Cet incident a également poussé la ministre des Sports Pascale St-Onge à ordonner un audit afin de déterminer l’utilisation potentielle de fonds publics dans ce règlement.

La réouverture de l’enquête par la police s’est produite suite aux affirmations concernant la divulgation tardive d’échanges textuels et vidéos illustrant certains éléments entourant cette nuit fatidique.

Un procès marqué par des témoignages contradictoires

Durant le procès très suivi, deux vidéos ont été présentées où EM semblait interagir normalement avec les joueurs avant les événements contestés. La loi canadienne stipule que ces vidéos ne peuvent être utilisées comme preuve directe de consentement; pourtant, elles ont été citées par la défense lors du procès comme indication du comportement normal adopté par EM cette nuit-là.

La Couronne soutenait cependant que le témoignage de VM était crédible malgré ses incohérences mineures et qu’elle n’avait aucune raison apparente de mentir puisque qu’elle avait signalé ces allégations dès 2018.

Conséquences sociales sur fond d’indignation

L’acquittement succédenta provoqué manifestations devant le tribunal avec des slogans tels que « Nous croyons E.M.» ou encore « Merci E.M .pour ton courage ». À travers ces rassemblements, Fabienne Haller partagea son sentiment face au verdict : « dévastée », inquiétante quant à son impact potentiel sur l’approche collective envers les cas d’agressions sexuelles au Canada.

Cette affaire remet ainsi en question les « mythes » entourant ce type d’accusations selon l’Ontario Coalition of Rape Crisis Centres qui souligne également combien est traumatisante cette domination masculine inhérente aux milieux sportifs canadiens. Les critiques fusent contre cette « culture toxique » associée tantôt historiquement au hockey masculin mais qui semble omniprésente davantage encore aujourd’hui.

Au-delà des frontières canadiennes,cette situation rappelle ainsi celle liée aux rugbymen français récemment mis hors cause pour viols présumés en Argentine — soulignant que ces questions touchent plusieurs cultures sportives internationales fortement ancrées dans certaines traditions hommes-dominants profondément enracinées.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.