Le vrai danger de l'IA en éducation est la dépendance aux algorithmes des grandes entreprises

L’impact de l’IA générative sur l’éducation selon Kimberley Hardcastle

  • L'IA rend les étudiants dépendants des algorithmes, modifiant leur rapport à la connaissance.
  • Ils externalisent leur réflexion, ce qui peut affaiblir leur jugement critique et leur vigilance épistémique.
  • Le contrôle de la connaissance devient de plus en plus concentré entre les mains des grandes entreprises technologiques.
  • Il est essentiel d'intégrer l'IA dans l'éducation pour préserver la pensée critique humaine.

Le vrai danger de l’IA en éducation est la dépendance aux algorithmes des grandes entreprises

Kimberley Hardcastle, professeur à l’Université de Northumbria au Royaume-Uni, met en garde contre les conséquences de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu éducatif. Elle souligne que les élèves deviennent de plus en plus dépendants des algorithmes pour acquérir des connaissances, ce qui pourrait modifier leur jugement critique et transformer leur rapport à la connaissance.

Les étudiants externalisent le processus de réflexion

/em> que la montée d’outils comme ChatGPT ou Claude change non seulement la manière dont les étudiants apprennent, mais aussi qui contrôle cette connaissance. Les données d’Anthropic révèlent qu’environ 39,3% des conversations étudiantes portent sur la création ou le perfectionnement de contenu éducatif, tandis que 33,5% impliquent directement la résolution de devoirs par ces IA.

Elle précise : « Lorsque nous contournons le parcours cognitif de synthèse et d’évaluation critique, nous ne perdons pas seulement des compétences. Nous modifions notre relation épistémologique avec la connaissance elle-même. » En effet, les étudiants ne se contentent pas uniquement d’obtenir des réponses ; ils en viennent à accepter ce qui est valable comme réponse grâce aux algorithmes.

L’atrophie de la vigilance épistémique

L’une des préoccupations majeures exprimées par Hardcastle est ce qu’elle appelle « l’atropie de la vigilance épistémique ». Cela désigne une dégradation potentielle dans la capacité à vérifier et remettre en question indépendamment les sources d’information sans recours aux algorithmes. Selon elle : « Nous assistons à une transformation des pratiques cognitives. »

Elle craint que cette perte affecte non seulement le milieu scolaire mais aussi la société dans son ensemble si l’on cesse d’évaluer indépendamment les informations reçues.

Le contrôle croissant des Big Tech sur la connaissance

Pour Hardcastle, le problème dépasse celui du simple usage pédagogique. Elle indique que si les intelligences artificielles deviennent les principaux intermédiaires du savoir, cela accroît considérablement le pouvoir des grandes entreprises technologiques sur ce qu’est considéré comme une connaissance valide.

« Lorsque nous nous en remettons systématiquement aux résumés et analyses générés par l’IA », explique-t-elle, « nous permettons par inadvertance aux données commerciales et aux mesures d’optimisation de façonner nos méthodes et questions valides ».

Les enjeux pour l’éducation

Hardcastle conclut qu’il n’est pas question tant d’un conflit entre éducation et IA mais plutôt comment intégrer cette technologie afin de préserver une pensée critique humaine. Elle plaide pour un questionnement fondamental concernant l’autorité du savoir influencé par ces nouvelles technologies : « Je suis moins préoccupée par le fait que les cohortes soient dans une situation « pire » que par le fait que l’éducation n’atteint pas ce point d’inflexion critique ».

Si aucune action concrète n’est prise au sein des universités pour redéfinir leurs approches pédagogiques face à ces outils algorithmique omniprésents, il existe un réel risque quant à un affaiblissement durable du raisonnement indépendant au profit du jugement technologique.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.