Une actrice parle de son expérience émotionnelle au Festival de Cannes lié à son rôle dans un film controversé
L’actrice Lèa Seydoux, connue pour ses rôles dans des films tels que Spectre et Mourir peut attendre, a récemment évoqué les répercussions émotionnelles du tournage de La vie d’Adèle (Blue is the Warmest Colour) réalisé par Abdellatif Kechiche. Lors d’une conférence de presse à Cannes en 2013, elle avait été vue en larmes après les compliments du réalisateur.

Dans une interview accordée à Esquire, Seydoux se rappelle avoir été « tellement gênée » lors de cet événement, précisant que cela était dû à la charge émotionnelle du film : « C’était donc un moment très émotionnel. C’était comme… un soulagement que le film ait été montré au public. Et bien sûr, parce que ce film était difficile à tourner. »
Le film, qui a reçu la Palme d’Or, narre l’histoire d’Adèle Exarchopoulos et de Seydoux jouant respectivement Adèle et Emma, explorant une relation amoureuse intense entre deux femmes. Le tournage a nécessité dix jours pour une scène sexuelle particulièrement graphique de six minutes, provoquant des réflexions sur leur propre sexualité chez les actrices.
Cependant, malgré le succès du long-métrage et sa qualité reconnue par le public et les critiques, Seydoux ne souhaite pas revivre cette expérience : « J’adorerais faire un autre film qui nécessite tout mon être. Mais avec , non. Je ne travaillerais plus avec lui », explique-t-elle. Elle précise : « Le problème était plus entre les prises ; le fait que vous ne voyiez pas vos amis, que vous n’avez pas de vie », ajoutant qu’elle est contente du succès du film mais considère son expérience comme « horrible ».
Les réactions autour de la production furent partagées. L’écrivain Jul Maroh, auteur du roman graphique dont le film est adapté, avait même qualifié certaines scènes de « porno ». De son côté, Kechiche s’est dit déçu par les commentaires négatifs sur le tournage et a exprimé sa douleur face aux accusations lancées contre lui : « La Palme d’Or a été un instant éphémère de bonheur ; depuis lors je me suis senti humilié », confie-t-il.
Ce débat sur la représentation des relations homosexuelles dans le cinéma demeure toujours d’actualité alors que les professionnels réfléchissent aux limites créatives et éthiques des productions audiovisuelles contemporaines.